Chaque jour, nous vous présentons une figure de la lutte contre le Covid-19 dans le monde. Aujourd'hui, la Belge Sophie Wilmès. Devenue Première ministre par intérim un peu par défaut en octobre, l’ex-ministre du Budget de Charles Michel doit gérer la pire crise de l’histoire récente de la Belgique. Et elle se révèle !

Face à la gravité de la crise sanitaire qui, après l'Asie, frappe sévèrement l'Europe,  les partis politiques belges confient des pouvoirs spéciaux à Sophie Wilmès dès le 27 mars.
Face à la gravité de la crise sanitaire qui, après l'Asie, frappe sévèrement l'Europe, les partis politiques belges confient des pouvoirs spéciaux à Sophie Wilmès dès le 27 mars. © AFP / Daina Le Lardic/Belga

Lorsqu'elle prête serment devant le roi Philippe au lendemain de sa nomination au poste de chef de gouvernement, l'ancienne ministre du Budget de Charles Michel ne sait pas ce qui l'attend. Mais lorsque le coronavirus commence à tuer, début mars, en Belgique, cette femme à la carrière politique express et sans éclat, notamment au sein du Mouvement réformateur (MR), se mue en un leader rassurant et charismatique.

Qui elle est

Sophie Wilmès est une femme discrète de 44 ans, peu médiatique et pas très à l’aise il y a encore quelques semaines dans le costume de chef du gouvernement. Cette mère de trois enfants, mariée à un Australien, a fait des études de communication sociale et de gestion financière avant de rejoindre un cabinet d'avocats d'affaires. Mais en parallèle, celle qui a grandi dans une famille engagée, s'inscrit dans un projet politique. Depuis 2000, elle est élue, d'abord à l'échelon local puis, en 2014, à l'échelon fédéral.

Première femme à assumer la direction du gouvernement belge, Sophie Wilmès a déjà su rassembler et rassurer.
Première femme à assumer la direction du gouvernement belge, Sophie Wilmès a déjà su rassembler et rassurer. © AFP / Benoît Doppagne/Belga

Depuis septembre 2015, elle occupait au gouvernement le poste de ministre du Budget, jusqu'au 26 octobre dernier, où Sophie Wilmès est choisie pour succéder à Charles Michel, un proche. Elle devient ainsi la première femme à assumer la direction du gouvernement belge. Un gouvernement par intérim (faute de coalition, il gère les affaires courantes) qui, au-delà des crises politiques, va très vite être confronté à une crise sanitaire sans précédent. 

Elle a dit

Cette période suscite de l’angoisse et c’est parfaitement normal, mais je vous le demande, limitez un maximum vos contacts et surtout n’organisez pas de soirées en réponse à la fermeture des bars et des boîtes !

L'émergence d'un exécutif fort

Face à la gravité de la crise sanitaire qui, après l'Asie, frappe sévèrement l'Europe, les partis politiques belges confient des pouvoirs spéciaux à Sophie Wilmès dès le 27 mars. L’Intérim se transforme alors en poste de plein exercice, et elle en femme d’État.

Habile négociatrice entre les élus flamands et wallons, elle touche aussi le cœur des Belges dans ses discours devenus certes plus solennels mais toujours aussi bienveillants, presque maternels :

Je pense que nous devons faire preuve d’unité, de solidarité, d’entraide vis-à-vis de nos familles et de nos amis. Prenez soin de vous, prenez soin des vôtres !

L'objet du consensus 

Dans un pays constamment au bord du divorce, cette simplicité, doublée d’une autorité naturelle, est unanimement saluée par la classe politique. L’histoire ne retiendra pas que Sophie Wilmès a occupé ce poste par défaut mais qu’elle l’a occupé avec beaucoup de talent, reconnaissent volontiers certains élus de l’opposition.

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