Alors que la Savoie avait été relativement épargnée par la première vague de l'épidémie de Covid-19, la deuxième touche durement le département. Dans ce cabinet de médecins généralistes, près de Chambéry, le traitement de la maladie représente 30 à 50% des patients, et l'activité habituelle se poursuit.

Le Dr Jean-Louis Vangi, médecin généraliste à Saint-Baldoph, près de Chambéry, en Savoie, fait face à la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19
Le Dr Jean-Louis Vangi, médecin généraliste à Saint-Baldoph, près de Chambéry, en Savoie, fait face à la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 © Radio France / Rémi Brancato

"La deuxième vague nous a frappé de plein fouet". Le docteur Jean-Louis Vangi a libéré quelques minutes pour nous répondre, dans une journée bien remplie, comme il en vit depuis maintenant trois semaines. Ce médecin généraliste de Saint-Baldoph, près de Chambéry en Haute-Savoie, fait face, avec ses collègues, à une explosion inédite de cas de Covid-19, depuis mi-octobre. 

"Au premier confinement, on ne voyait personne" constate Gaëlle Chabert, médecin généraliste dans le même cabinet, "mais là, notre activité habituelle est maintenue et, en plus, on a des demandes pour le Covid". Dans sa salle de consultation, elle remercie une patiente, avant d'en rassurer une autre, en téléconsultation, qui souhaite connaitre la procédure en tant que cas contact.

"Il y a beaucoup de questions de ce type : on a heureusement des secrétaires qui font un premier tri" relève la médecin. Car l'épidémie est dans tous les esprits : "Mon mari, médecin généraliste lui aussi, en zone rurale, finit le travail tous les soirs à 22 heures depuis quelques semaines" confie-t-elle.

30 à 50% des patients consultent pour le Covid-19

Dans le cabinet, depuis trois semaines, "l'amplitude des consultations s'est élargie" constate Jean-Louis Vangi, car il faut ajouter aux consultations habituelles des cas de Covid qui représentent 30 à 50% des patients désormais. "Je suis médecin depuis plusieurs dizaines d’années et c’est la première fois que je suis confronté à un phénomène de cet ampleur" ajoute-t-il.

Après un premier confinement sans beaucoup de cas de coronavirus dans le département, le médecin n'imaginait pas vivre aussi durement la deuxième vague, qui frappe beaucoup plus durement la Savoie. "On ne pensait pas qu’elle serait de cette ampleur et que nous, en Savoie, on serait impacté à ce niveau, au point d’être parmi les départements les plus touchés de France" confie celui qui est également président de l'ordre départemental des médecins de Savoie.

Une consigne affichée au secrétariat du cabinet du Dr Vangi
Une consigne affichée au secrétariat du cabinet du Dr Vangi © Radio France / Rémi Brancato

Alors le secrétariat de son cabinet s'adapte et réserve notamment des créneaux pour les patients Covid, afin d'aérer et de désinfecter davantage après leur passage. "On demande aussi souvent à des patients avec une suspicion de patienter dans leurs voitures" détaille Jean-Louis Vangi qui se dit "surpris" par l'ampleur de l'épidémie, dans un département où aucune explication ne permet de comprendre cette flambée de cas.

Un centre dédié aux malades du Covid quasiment vide au printemps

Au printemps, la commune de Saint-Baldoph avait ouvert une salle et installé un centre de consultation dédié aux malades du Covid. "Ce centre n’a quasiment pas fonctionné car on a vu quelques dizaines de patients en quelques semaines : c’est certainement aujourd’hui que nous en aurions besoin" regrette le médecin. 

Selon lui, la deuxième vague a été moins bien préparée, même s'il reconnait qu'ouvrir une telle structure aujourd'hui serait plus compliqué, notamment pour les collectivités locales qui ont été très sollicitées depuis le début de la crise.

Alors il s'attend à vivre encore plusieurs semaines difficiles et épuisantes mais "apporter du soutien aux patients, des soins, c’est quelque chose qui nous fait avancer et oublier la fatigue et les longues journées" confie-t-il.