Il transportait des fruits et légumes depuis Perpignan jusqu'au marché international de Rungis, près de Paris, jusqu'à mercredi dernier. Elisabeth Borne promet qu'il sera réactivé le 1er novembre, après la basse saison, mais la CGT craint "une mise à mort" au profit du transport routier.

Manifestation contre la possible fin du train de fret Perpignan-Paris
Manifestation contre la possible fin du train de fret Perpignan-Paris © AFP / RAYMOND ROIG

Pour le syndicat et les élus locaux, c'est une catastrophe écologique annoncée : sans ce train, c'est l'assurance de voir débarquer "25.000 camions sur les routes" pour assurer la même mission de transport de fruits et légumes vers la capitale. Le dossier est épineux depuis longtemps, et a été l'un des premiers défis de la nouvelle ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne.

Cette dernière l'a promis mi-juillet : le train des primeurs ne sera pas supprimé, il est simplement en sommeil. Les 75 wagons frigorifiques vont être acheminés vers Nîmes lundi 5 et mercredi 7 août, pour être stockés sur un centre de triage. Le tout, en attendant le 1er novembre et une reprise du trafic pour le train.

Discret enterrement, selon les syndicats

Mais les organisations syndicales craignent un enterrement en catimini, et que cet aller soit sans retour. Selon la CGT, le centre de triage de Nîmes est un cimetière du fret : peu de cheminots, peu de surveillance, et des wagons déjà en attente d'une hypothétique maintenance.

"Actuellement à Nîmes, depuis sept mois, il y a douze wagons qui sont en attente d'un accord du propriétaire pour un entretien", explique Michaël Meunier, délégué CGT à Perpignan et conducteur du train des primeurs. "Depuis sept mois, ces wagons pourrissent à Nîmes. Les 70 autres, ils vont faire exactement la même chose ! Nîmes, c'est pas l'avenir, c'est pour cacher les wagons : soit ils seront détruits, soit ils pourriront sur place pendant un, deux ou trois ans avant que le propriétaire décide de les détruire."

Craintes totalement injustifiées, assure Fret SNCF : l'entreprise assure qu'à Nîmes, les wagons frigorifiques seront tout simplement rassemblés sur l'emprise de leur propriétaire Ermewa, filiale de la SNCF, et que cette opération technique ne préjuge en rien de l'abandon du train des primeurs.

Des trains qui circulent... vides

Au fil des mois, ce train des primeurs est devenu le symbole de la mauvaise santé du fret ferroviaire en France. Avant son interruption mercredi dernier, il circulait à vide depuis plusieurs jours entre Perpignan et Paris. Après plusieurs décennies d'existence, il est devenu en quelques mois largement déficitaire. Notamment parce qu'il montait à Paris plein de fruits et légumes, mais redescendait vide, alors qu'auparavant la SNCF était chargée de trouver des marchandises à envoyer vers la frontière espagnole.

Pourtant le choix du train, d'un point de vue écologique notamment, est bien meilleur : il transporte autant qu'une cinquantaine de camion, tout en polluant beaucoup moins. Lors d'une réunion le 17 juillet, l'État, la SNCF, les collectivités et les entreprises locales s'étaient mises d'accord pour un arrêt temporaire du trafic, avant une reprise transitoire (avec les wagons actuels) en novembre, puis le développement d'une nouvelle solution pouvant permettre d'améliorer cette ligne et de la rendre viable économiquement.

Une nouvelle réunion pour préciser les conditions de ce nouveau développement doit avoir lieu le 11 septembre.

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