Aucun pays européen n’a opté pour l’interdiction complète du diesel sur l’intégralité de son territoire. Les villes décident de leur propre calendrier, les choix sont progressifs, et se font en fonction de dispositions incitatives ou punitives.

Les grandes villes d'Europe ont chacune leur stratégie pour interdire le diesel dans leurs rues. Avec plus ou moins de volonté.
Les grandes villes d'Europe ont chacune leur stratégie pour interdire le diesel dans leurs rues. Avec plus ou moins de volonté. © Getty

L’objectif est le même, mais les méthodes varient pour rendre l’air des villes européennes plus respirable. 

Sans surprise, il faut regarder dans le nord de l’Europe pour voir les pays et les villes les plus en pointe. 

Les villes en pointe

À partir du 1er janvier 2019, c’est un monde sans diesel qui commence à Copenhague (Danemark) et à Oslo (Norvège). 

La ville du vélo, Amsterdam (Pays-Bas) n’en est même plus là. Elle a passé le cap du "zéro diesel" depuis quelques années et son objectif est maintenant le "zéro émission" (gasoil ET essence) à l’horizon 2030. D’autres cités hollandaises sont sur cette même voie : Rotterdam, Maastricht, Utrecht. 

Dans la capitale Amsterdam, pour ceux qui ne peuvent se passer de leur voiture, une carte de résident est obligatoire pour la garer. Son prix peut aller jusqu’à 600 euros par an. 

Paris : en plusieurs étapes

À partir de l’été 2019, aucun diesel de plus de 13 ans ne pourra circuler dans Paris.
Ensuite, ceux commercialisés avant 2011 seront interdits en 2022. Pour en arriver à un bannissement total en 2024, année des Jeux Olympiques organisés dans la capitale.  

Viser le portefeuille

Attaquer le portefeuille du conducteur et le décourager financièrement, c’est pour l’instant la stratégie londonienne. Depuis ce printemps, les propriétaires des voitures diesel les plus polluantes doivent payer une taxe de 12 euros par jour, qui s’ajoute au péage urbain à l’entrée de Londres (environ 8 euros).  

Cette taxe est valable toute la journée, contrairement au choix défendu par Stockholm (Suède). Le tarif est plus faible (en moyenne 2 euros) mais le conducteur doit s’en acquitter à chaque fois qu’il repasse dans la zone protégée. 

La justice comme recours 

L’interdiction de circuler pour les véhicules diesel n’a pas été chose simple, en Allemagne, la mère patrie du diesel.  En février 2018, la plus haute cour administrative du pays a jugé que les villes étaient autorisées à interdire les voitures dans certaines rues. 

2019 sera l’année où Hambourg, Stuttgart et Düsseldorf feront la chasse aux vieux diesel dans des secteurs encore limités géographiquement. La ville de Berlin a, elle aussi, dessiné une zone d’une vingtaine de rues dans lesquelles les diesel ne seront plus les bienvenus dès l’année prochaine.  

Réduire la place de la voiture

À Bruxelles (Belgique), l’espace urbain a été repensé, et peu à peu la place de la voiture a été grignotée. Résultat : plus de 50 hectares du centre-ville sont déjà piétons, ce qui en fait la deuxième zone sans voiture la plus vaste du continent (derrière Copenhague). L’étape d’après est de se passer de toutes les voitures diesel, à horizon 2025. 

Limiter le périmètre d'exclusion

La ville de Milan (Italie) a voulu réduire les émissions de CO2 du diesel il y a déjà quelques années, en commençant par son centre historique, ce qui peut ressembler à un alibi. L’extension à toute la cité prendra du temps : pas avant 2030. 

Barcelone (Espagne) se fixe à l’inverse un calendrier plus soutenu. Au point de se demander s’il est tenable, en partant de si loin. De tout à rien, la capitale catalane veut chasser les diesels les plus vieux d’ici 2020. 

Rome et Athènes paraissent plus raisonnables en se fixant 2024-2025. Dans la capitale italienne, l’annonce a été faite par la maire issue du Mouvement 5 étoiles, parti populiste au pouvoir. 

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