C'est la question posée par quatre équipes internationales d'architectes et d'urbanistes, à la demande de la ville et de la région. Tous estiment que le périphérique ne peut pas rester tel quel, mais comment le transformer ? Les débats sur le sujet s'annoncent très animés au Conseil de Paris, dès ce mardi.

Et si le fameux périphérique était totalement transformé d'ici 2050 ?
Et si le fameux périphérique était totalement transformé d'ici 2050 ? © AFP / Pierre Verdy

Faut-il supprimer le périphérique parisien, le transformer, restreindre les voies de circulation ? Les débats s'annoncent animés à partir de ce mardi au conseil de Paris. D'ici à 2024, Anne Hidalgo souhaite notamment limiter la vitesse à 50 km/h et réserver une voie aux bus et aux transports partagés.

Pour se prononcer, les élus pourront s'appuyer sur les propositions de quatre équipes internationales d'architectes et d'urbanistes : elles ont potassé pendant plusieurs mois pour imaginer à quoi pourraient ressembler les grandes artères franciliennes dans les trente ans à venir. Ce projet repose sur un partenariat inédit entre la ville de Paris, la Région Île-de-France et l'Etat, au sein du Forum métropolitain du Grand Paris.

Et lorsque l'imagination est au pouvoir, tout semble possible : faire du périphérique "un grand climatiseur", transformer "toutes les voies intérieures en grand parc", y faire rouler des bus mais aussi "des voitures autonomes partagées", ou même permettre aux vélos et aux promeneurs de "flâner au milieu du périph'".

Pas de suppression, mais un périph' réinventé

Plusieurs visions, mais les urbanistes se rejoignent sur un point précis : pas question de supprimer le périphérique... Même si certains exemples étrangers pourraient nous y inviter, comme l'explique Lennart Grut, du cabinet Rogers Stirk Harbour & Partners : "L'exemple classique de transformation, c'est Barcelone, où l'on avait une coupure complète entre la ville et la plage. Et maintenant, la ville est connectée à la plage. L'autre endroit où l'on a enlevé un périphérique, c'est Birmingham, pour connecter les villes de manière totalement différente."

Tous s'entendent sur la nécessité à terme de pouvoir traverser le périph' à pied, pour en finir avec cette barrière autoroutière et sociale. Paul Lecroart, urbaniste à l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de la Région Île-de-France, estime que le plus important, c'est de "reconnecter la ville" : "On voit bien qu'entre Paris et sa banlieue, on a des quartiers qui vivent mal, qui sont défavorisés. On a vraiment besoin d'une qualité de vie pour tous dans la métropole, et ça passe par une transformation de ces grandes infrastructures autoroutières."

Les spécialistes préviennent : tous ces changements devront aussi se faire en douceur, pour ne pas perturber la mobilité (ni le moral) des Franciliens avec des décisions trop brutales.

► Les projets des quatre équipes internationales pour la refonte des routes franciliennes sont à découvrir dans une exposition au Pavillon de l'Arsenal (21 boulevard Morland à Paris), jusqu'au 1er septembre.

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