Depuis sa présentation, la construction d'un terminal 4 de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle est décriée par les écologistes. Le projet a été reporté jeudi matin par le groupe Aéroports de Paris (ADP). Une décision que la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, voudrait bien mettre à son solde.

Le groupe Aéroports de Paris a décidé de reporter et de réviser son projet d'agrandissement de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle
Le groupe Aéroports de Paris a décidé de reporter et de réviser son projet d'agrandissement de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle © AFP / Sandrine Marty

En apparence au moins, c'est une grande victoire pour le camp des écologistes. Le projet d'agrandissement de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (CDG), aurait dû permettre d'accueillir jusqu'à 40 millions de voyageurs supplémentaires par an, soit environ 450 vols de plus par jour, d'ici 2037.

Les riverains, plusieurs associations de défense de l'environnement et des élus se sont fortement mobilisés pour que la construction de ce terminal 4 à Roissy-CDG, estimée à 9 milliards d'euros, n'aie pas lieu. Un dessein abandonné ce jeudi matin, au lendemain de la présentation du projet de loi "climat et résilience", initié par la Convention citoyenne pour le climat.

La décision, annoncée par Barbara Pompili, est présentée comme une réussite du ministère de la Transition écologique, qui avait demandé à ADP d'y renoncer. Il s'agit d'un "projet obsolète, qui ne correspondait plus à la politique environnementale du gouvernement et aux exigences d'un secteur en pleine mutation", avance la ministre dans Le Monde.

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Un report motivé par la crise du fret aérien plus que par l'écologie

Dans les coulisses, il semblerait que la réalité diffère de celle mise en lumière par la ministre de la Transition écologique. Le projet de construction d'un terminal 4 à Roissy était en sursis depuis plusieurs mois. Prévu pour absorber une augmentation du trafic aérien, de l'ordre de 5% par an avant la crise sanitaire, il devait partiellement ouvrir pour les JO de 2024.

Sauf qu'aujourd'hui, le trafic passager dans le premier aéroport européen est en chute libre. Il atteint à peine 25% des volumes qu'il avait en 2019. Tandis que l'ADP est en grande difficulté financière. Le groupe a perdu plus d'un milliard d'euros l'an passé et a engagé un plan de départs volontaires visant 1 150 postes, dont près de la moitié seront supprimés. Ce projet d'agrandissement de Roissy-CDG, particulièrement coûteux, semble donc inapproprié pour l'instant.

Un projet loin d'être abandonné

Les équipes d'ADP planchent depuis près de deux mois sur un nouvelle version de ce projet d'extension de Roissy-CDG, voulue plus verte. Elle devrait notamment mieux prendre en considération les nouveaux carburants, comme l'hydrogène. Il serait alors favorisé pour le fonctionnement des avions et celui de certains véhicules, qui circulent dans les aéroports.

Le groupe vient d'ailleurs de lancer un appel à projet, en partenariat avec la Région Île-de-France et Air France-KLM. Un changement de direction, qui pourrait n'aboutir que d'ici une vingtaine d'années, autrement dit en 2040.

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