Les forêts amazoniennes continuent de brûler entre le Brésil et la Bolivie. L'Allemagne, la France ou le Canada ont réagi face à ce désastre écologique, accusant les politiques du président brésilien Jair Bolsonara. Pour Catherine Aubertin, économiste de l'environnement, le Brésil n'est pas le seul coupable.

En Amazonie, près de 73 000 incendies ont été dénombrés depuis le début de l'année 2019
En Amazonie, près de 73 000 incendies ont été dénombrés depuis le début de l'année 2019 © AFP / Chico Batata / DPA / dpa Picture-Alliance

Depuis le début de l'année, les incendies en Amazonie ont augmentés de 84 %. Au total près de 73 000 feux ont été répertoriés par l'Agence spatiale brésilienne. 

Pour le président brésilien Jair Bolsonaro, les responsables sont la sécheresse et les ONG. Il accuse les associations d'avoir volontairement mis le feu à la forêt amazonienne. 

De leur côté, les chefs d'État français, allemand et canadiens considèrent ces incendies comme "une crise internationale" et souhaitent prendre des mesures pendant le sommet du G7.

Catherine Aubertin, économiste de l'environnement et directrice de recherche à l’Institut de recherche et du développement était au micro de France Inter. 

FRANCE INTER : Que pensez-vous des déclarations d'Emmanuel Macron ou d'Angela Merkel qui parlent de "crise internationale" et même d'"urgence" face aux incendies en Amazonie ? 

CATHERINE AUBERTIN : "Emmanuel Macron et Angela Merkel ont raison, ils sont conscients. C'est important qu’ils s’occupent des questions environnementales. Mais avant de faire le procès de Jair Bolsonaro, le G7 pourrait balayer devant sa porte. 

Il y a une certaine incohérence à s’indigner devant les incendies dans les forêts en Amazonie, sachant qu'il y en a tous les ans à la même époque. Ce n’est pas nouveau, pendant plusieurs années ça a été aussi intense. 

Ils devraient se rendre compte qu’il est important de prendre des mesures contre le changement climatique, comme arrêter de signer des contrats commerciaux qui remettent en cause justement la lutte contre le changement climatique". 

Quelles sont les principales causes des feux de forêts en Amazonie ?

"Une des principales raisons de ces feux en Amazonie, c’est le réchauffement climatique qui aggrave la situation. C’est aussi dû aux défrichements liés à la déforestation, ainsi qu'à la sécheresse et à l’impunité entraînées par la politique de Jair Bolsonaro. 

Il est certain que la politique du président Brésilien donne le feu vert à toutes les destructions de l’environnement. Toutes ces politiques se font contre les normes environnementales et les droits sociaux.

Mais pour moi la première chose c’est vraiment le dérèglement climatique qui amplifie les situations de sécheresse et la fragilité des forêts.

Ça fait longtemps que les forêts tropicales ne sont plus les puits de CO2 et justement les “poumons verts” de la planète, expression qu’on arrête pas d’utiliser des derniers temps". 

À quel point la forêt Amazonienne est en danger ? 

"On pensait récemment que le point de basculement se ferait vers 40 % de défrichements. Aujourd'hui on est à 20% et déjà on se rend compte qu’on est entrés dans des cycles de rétroactions qu’on ne domine plus avec la crise du climat, de la végétation et de la forêt amazonienne. Donc la forêt amazonienne est bien en danger."

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