La température annuelle moyenne du Canada a déjà augmenté de 1,7°C depuis 1948, deux fois plus qu'ailleurs sur la planète. C'est la conclusion d'un nouveau rapport commandé par le gouvernement canadien.

Un large iceberg sur la côte atlantique, dans la région de Terre-Neuve au Canada
Un large iceberg sur la côte atlantique, dans la région de Terre-Neuve au Canada © Getty / Drew Angerer

Depuis 1948, la température annuelle moyenne sur la planète a augmenté de 0,8 degré. Au Canada c'est le double (+1,7°C), et dans le Grand nord presque le triple (+2,3°C). C'est ce que conclut un rapport commandé par le gouvernement canadien sur le changement climatique.

 Les augmentations les plus importantes de température concernent le Nord du Canada, les Prairies et le Nord de la Colombie-Britannique.
Les augmentations les plus importantes de température concernent le Nord du Canada, les Prairies et le Nord de la Colombie-Britannique. / Rapport - Environnement Canada

Pas étonnant pour un pays situé dans les hautes latitudes. Plus on se rapproche de l'Arctique, plus ça chauffe, rappelle Steven Guilbeault sur Radio Canada. Cet écologiste copréside le Conseil consultatif en matière de lutte contre les changements climatiques, un organisme mis en place par le gouvernement canadien : "Plus on s'éloigne de l'Équateur vers le Nord, plus les températures se réchauffent rapidement. Quand vous êtes rendus en Arctique, c'est pas deux fois plus vite que la moyenne planétaire, c'est 4 fois, voire 5 fois plus vite ! C'est un phénomène planétaire, c'est lié à notre géographie."

Les conséquences sont déjà multiples pour le Canada : hausse du niveau des océans qui le bordent, augmentation des précipitations annuelles (avec une réduction des chutes de neige dans le sud du Canada). Dans le grand Nord, la durée et l’étendue des absences de glace marine dans les régions canadiennes des océans Arctique et Atlantique s’accroissent.

Il y aussi un impact sur les phénomènes météorologiques extrêmes : "Cela augmentera la sévérité des vagues de chaleur et contribuera à augmenter les risques de sécheresses et de feux de forêt. Même si les inondations à l’intérieur des terres résultent de multiples facteurs, des précipitations plus intenses augmenteront le risque d’inondation en milieu urbain", détaillent les experts qui ont rédigé le rapport.

"Les régions marines de l’Arctique canadien, y compris la mer de Beaufort et la baie de Baffin, auront de grandes périodes où il n’y aura pas de glace pendant l’été et ce, d’ici le milieu du siècle..."

L'action humaine principale responsable

Ce rapport volumineux note que des variations naturelles du climat ont pu contribuer au réchauffement observé au Canada mais il précise que le facteur humain (les émissions de gaz à effet de serre) est dominant. "Il est probable que plus de la moitié du réchauffement observé est causé par les activités humaines" disent ces experts canadiens.   

Le réchauffement climatique va se poursuivre au Canada, mais son ampleur dépendra des efforts faits dans le monde pour réduire les émissions de gaz à effet, surtout dans les deux prochaines décennies. Le rapport énonce plusieurs scénarios pour la fin du siècle. Le plus optimiste prévoit une hausse de 1,8°C (par rapport à la période de référence de 1986 à 2005). Le plus pessimiste, si rien n'est fait, +6,3°C.  Pour la ministre fédérale de l'Environnement Catherine Mckenna, ce rapport est un "rappel alarmant de la nécessité d'agir". 

Taxe carbone : hausse des prix du carburant pour les contribuables de quatre provinces 

Ce rapport avait été commandé par le gouvernement libéral de Justin Trudeau en plein débat sur l'instauration d'une taxe carbone sur l'essence mais aussi sur le mazout, le propane et le gaz naturel. Le principe est d'augmenter le prix de ces énergies fossiles qui émettent beaucoup de CO2 pour inciter les particuliers et les entreprises à se tourner vers d'autres sources d'énergies, des modes de transport et de chauffage plus verts.

Cette taxe carbone est entrée en vigueur ce lundi 1er avril dans quatre provinces canadiennes : Ontario, Saskatchewan, Manitoba et le Nouveau-Brunswick. Taxe imposée par le gouvernement fédéral, contre l'avis des dirigeants des provinces concernées. Au niveau national, le leader de l'opposition, le chef du parti conservateur Andrew Scheer tire à boulets rouges sur cet "impôt supplémentaire".

Ottawa promet de rembourser 90 % des recettes tirées de cette taxe au contribuable sous forme de remboursement d'impôts. Le reste des fonds sera investi dans des programmes d'efficacité énergétique. Pas de quoi convaincre le Premier ministre de la province de Saskatchewan, qui annonce vouloir déposer plainte contre le gouvernement canadien. 

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