Selon une étude parue ce jeudi, des chercheurs de l'Université de l'Etat de Washington estiment que la hausse des températures va stimuler la croissance des insectes, et donc leur appétit. Les récoltes pourraient se retrouver amputées de près de 10%.

Une chenille processionnaire (illustration)
Une chenille processionnaire (illustration) © AFP / XAVIER LEOTY

Les insectes ont une caractéristique physiologique : plus ils fait chaud, plus ils ont besoin de manger. En partant de ce constat, des chercheurs de l'Université de l'Etat de Washington ont mené une étude sur une conséquence peu étudiée du changement climatique. Publiée jeudi dans la revue spécialisée Science, elle conclut que la hausse des températures stimulera la croissance des insectes, et en particulier des nuisibles pour certaines cultures, comme le maïs, le riz ou le blé. 

"Il y aura plus d'insectes et ils mangeront plus", a expliqué Curtis Deutsch, l'un des auteurs de l'étude. Et à cela viendra s'ajouter un autre effet : dans les régions tempérées, les insectes se reproduiront plus vite. Ainsi, la France comme l'Europe et les Etats-Unis, tous grands producteurs de céréales, risquent d'être pénalisés par ce phénomène. "On est sur un double effet négatif, qui relève à la fois du changement de l'habitat des insectes, mais aussi de cette capacité plus forte à se multiplier et à cause des dégâts. Mais il ne faut pas non plus paniquer, même si le risque est accru", tempère Christian Lannou, chef du département Santé des plantes et environnement à l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA).

Le puceron russe du blé en plein risque d'expansion

Les chercheurs ont tenté de déterminer la conséquence que cela pourrait avoir dans le cas d'une hausse de 2 degrés Celsius à la surface de la planète : actuellement en France, les pertes dues aux insectes sont d'environ 6,6% des récoltes de maïs. Ce taux de perte monterait à 9,4% avec les deux degrés en plus, "mais ce chiffre est en réalité très difficile à estimer", note Christian Lannou de l'INRA. La France, la Chine et les Etats-Unis seraient ainsi les plus touchés - en supposant que l'utilisation de pesticides n'augmente pas. 

L'espèce la plus favorisée par ces changements climatiques serait le puceron russe du blé, espèce qui a la particularité de ne compter que des femelles, qui naissent toutes enceintes, et sont capable de donner naissance à huit filles chaque jour. "Un ou deux pucerons peuvent donner naissance à des milliards si les conditions sont idéales", explique Scott Merrill, spécialiste des insectes. Cette étude est l'une des premières à étudier la réaction des insectes, et non des plantes ou des céréales, au réchauffement climatique. 

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