INFORMATION FRANCE INTER - À Gardanne dans les Bouches-du-Rhône, l'usine Alteo vient d'obtenir de la part de la préfecture un sursis de cinq mois pour se mettre aux normes environnementales. L'entreprise d'alumines est dans le viseur d'associations écologiques, qui l'accusent de rejeter des produits polluants en mer.

Usine d’aluminium Altéo à Gardanne (Bouches-du-Rhône) en mars 2019
Usine d’aluminium Altéo à Gardanne (Bouches-du-Rhône) en mars 2019 © AFP / Boris Horvat

À Gardanne dans les Bouches-du-Rhône, l'usine Alteo vient d'obtenir un délai de cinq mois pour se mettre en conformité avec les normes environnementales, a appris France Inter ce jeudi 2 janvier. L'entreprise d'alumines, produits utilisés dans les matériaux de construction et les composants high tech comme les écrans de smartphone ou de télévision, est accusée par des associations de défense de l'environnement de rejeter des eaux usées en mer Méditerranée, et d'entreposer des déchets solides dans le parc national des Calanques, près de Marseille. 

Elle avait jusqu'à ce mercredi 1er janvier 2020 pour se mettre aux normes, mais la préfecture des Bouches-du-Rhône vient de lui accorder un sursis jusqu'au 8 juin 2020.

Plainte pour mise en danger de la vie d'autrui

Les dirigeants d'Alteo avaient fait cette demande de sursis car ils n'étaient pas prêts à respecter ces obligations. Ils ont déjà mis en service deux stations de traitement des eaux mais la troisième n'est pas prête. Elle le sera dans le courant de l'année 2020, précisent-ils. C'est sur la base de cette affirmation que la préfecture autorise aujourd'hui Alteo, par ailleurs en redressement judiciaire, à continuer de fonctionner sous dérogation. 

Pour autant, les polluants biologiques évacués en mer sont anormalement hauts, d'après l'association ZEA. "Alteo a toujours réussi à faire du lobbying", réagit amèrement Olivier Dubuquoy, membre de l'ONG. "On pensait que l'État allait respecter les décisions du tribunal administratif, et qu'Alteo allait une fois pour toutes comprendre son impact sur l'environnement. Si l'État ne respecte plus la loi, on ne sait pas vers qui se tourner pour mettre fin à cette pollution." ZEA a porté plainte pour mise en danger de la vie d'autrui, l'instruction est en cours.

"Les rejets en mer ne posent plus de problème"

Du côté d'Alteo, on précise bien que ces "éléments biologiques rejetés en mer ne présentent aucun risque sanitaire ou environnemental". Un argument repris par l'exécutif. "Non, il n'y a aucun danger", confirme Pierre Dartout, préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône. "Il y a eu une époque où les rejets de boues rouges posaient problème. Ils ont cessé depuis 2015.  Aujourd'hui, les rejets en mer ne posent plus de problème. Ils en poseront encore moins quand la station d'épuration nouvelle sera réalisée en juin prochain", précise le préfet.

Autre raison qui l'a poussé à accorder ce sursis à Alteo : 

"L'entreprise représente un poids en termes d'emplois dans la région et dans la commune de Gardanne. Nous avons évidemment pris en compte ces données économiques et sociales."

Alteo est donc actuellement prise en tenaille entre cette instruction et la demande de redressement judiciaire, qui inquiète les 500 salariés. L'audience au tribunal de commerce est prévue le 23 janvier.

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