À l'occasion de la journée spéciale #leplastiquenonmerci sur France Inter, Jean Hornain, le directeur général de Citeo, entreprise spécialisée dans le recyclage des emballages ménagers et des papiers graphiques, était l'invité du journal de 13 heures.

D'ici cinq ans, tous les emballages seront recyclables selon le directeur général de Citeo, mais il faudra toujours assurer leur collecte
D'ici cinq ans, tous les emballages seront recyclables selon le directeur général de Citeo, mais il faudra toujours assurer leur collecte © Maxppp / Frederic Speich

Jean Hornain est le directeur général de Citeo, entreprise spécialisée dans le recyclage des emballages ménagers et des papiers graphiques, répond aux questions de Pierre Weil et Sandy Dauphin.

France Inter : La grande distribution a-t-elle pris la mesure de la pollution plastique globale sur la planète ?

Jean Hornain : Oui, tout le monde aujourd'hui a pris la mesure de cet enjeu majeur ! Depuis 25 ans, toutes ces entreprises exercent ce que l'on appelle la responsabilité élargie du producteur. Cela signifie que celui qui met sur le marché un produit qui a un emballage a la responsabilité de la fin de vie de cet emballage. Ces entreprises investissent chaque année à peu près 700 millions d'euros pour financer l'éco-conception, le tri et le recyclage des emballages. Cela a permis à la France d'atteindre un taux de recyclage global de 70%, mais là où le taux de recyclage du verre atteint 86%, celui de certains plastiques n'est que de 25%. 

France Inter : Comment expliquer ce faible taux ?

Jean Hornain : Parmi les emballages ménagers, nous savons en recycler les trois-quarts, comme les bidons de lessive, les bouteilles de lait, les barquettes de jambon, etc. Mais pour un quart de ces emballages, nous n'avons pas encore de solution. Tout le travail, notamment de Citeo, est d'accompagner ces entreprises dans l'éco-conception, c'est à dire le fait de transformer un emballage qui n'était pas recyclable en emballage 100% recyclable. Ainsi, on a totalement remplacé les bouteilles en PVC par des bouteilles en PET.

France Inter : Pourquoi n'y a-t-il pas de solution pour certains emballages ?

Jean Hornain : Elles n'ont pas encore été imaginées techniquement, mais il y a un processus d'évolution des technologies qui nous permet de dire que dans les cinq ans qui viennent, il y aura des solutions pour 100% des emballages. Reste la question de la collecte des déchets...

France Inter : Mais pour que ces solutions soient mises en place, il faut qu'il y ait un intérêt économique. Qui va se lancer dans le recyclage des paquets de chips, qui sont composés d'un mélange de résines plastiques et d'aluminium ?

Jean Hornain : Pour les chips, il existe des solutions de substitution qui sont à l'étude dans le domaine du fibreux, de la cellulose. Il existe même une entreprise en Finlande qui fait du plastique avec du papier, si je puis dire. Pour les pots de yaourt, qui sont en polystyrène, il existe des solutions de recyclage, pour en faire des pots de fleur ou des porte-manteaux, mais les entreprises qui le font sont très peu nombreuses en Europe. On travaille avec l'entreprise Total, qui fabrique du polystyrène, pour qu'elle ne se fournisse pas uniquement en pétrole pour la conception du matériau, mais qu'elle y intègre du polystyrène recyclé. Nos axes de travail sont la diminution, la substitution, et le fait qu'à terme, tout soit 100% recyclable. 

France Inter : Citeo est financée par des grandes marques, comme Evian, Danone ou McDonald's, qui sont parmi les plus gros producteurs de déchets plastique dans le monde. Êtes-vous vraiment en position de leur faire la morale, alors que cette production d'emballages, finalement, vous arrange, puisque votre métier est de les recycler ?

Jean Hornain : Un industriel n'a aucun intérêt à produire de l'emballage, puisque plus il en produit, plus il paye. Je trouve très moderne que les entreprises aient pris cette responsabilité. Si vous prenez les résolutions récentes des Nations-Unies, elles stipulent qu'il est nécessaire de développer des systèmes comme celui qui a été installé en France. 

#LePlastiqueNonMerci

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