Le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dénonce le manque d'ambition écologique des plans de relances gouvernementaux. Sur 16 000 milliard de dollars dédiés à la reconstruction des économies mondiales, seul 2% reviennent aux énergies propres. Insuffisant pour inverser la tendance climatique.

Des pancartes lors de la manifestation pour une "vraie loi climat" le 9 mai 2021 à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Des pancartes lors de la manifestation pour une "vraie loi climat" le 9 mai 2021 à Rennes (Ille-et-Vilaine). © Radio France / Maxime Glorieux

Comme un petit goût du "monde d'avant". Les plans de relances gouvernementaux successifs pour relancer les économies mondiales après la pandémie, ont fait repartir les courbes à la hausse, notamment celles des émissions de CO2.

Selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), parût ce mardi, de nouveaux records d'émissions sont à prévoir dès 2023 (et pour les années suivantes), éloignant toujours un peu plus l'objectif de la neutralité carbone d'ici 2050 fixé par l'Union Européenne. 

2% du budget seulement pour les énergies propres

Le rapport examine près de 800 mesures de 50 pays différents, principalement des pays du G20.

Au deuxième trimestre de cette année, plus de 16 000 milliard de dollars ont déjà été alloués à la reconstruction des économies mondiales. Un soutient visant principalement le financement des besoins sanitaires, et les aides d'urgence aux entreprises et aux ménages.

Dans ces budgets, environ 2 300 milliards de dollars ont été consacrés à la relance économique, dont 380 milliard dédiés aux énergies propres. Cela représente seulement 2,4 % des investissements totaux. 

Loin des Accords de Paris

Un chiffre bien inférieur aux recommandations de l'AIE, en partenariat avec le FMI, qui ont estimé en 2020 qu'une mobilisation de 1 000 milliard de dollars par an (de 2021 à 2023) était nécessaire pour inverser la tendance. Une mesure, loin d'être appliquée par les gouvernements, qui permettrait pourtant d'atteindre la neutralité carbone visée par les accords de Paris.

Quand aux 380 milliard déjà investis pour la réduction des émissions, ils ne participeront pas tout de suite au "monde d'après". En effet, il se passe parfois plusieurs mois, voir années, avant que les premiers effets environnementaux soit visibles après la mise à dispositions des fonds.