France Inter vous révèle ce jeudi le nouveau rapport de l'Alliance nationale pour la recherche en environnement, consacré aux conséquences désastreuses de la montée des eaux pour les populations. Les chercheurs espèrent ainsi frapper fort pour éclairer l'action publique.

On connait maintenant les conséquences désastreuses de la montée des eaux pour les populations
On connait maintenant les conséquences désastreuses de la montée des eaux pour les populations © AFP / Hans Lucas / Simon Guillemin

Fin septembre, les experts du Giec estimaient déjà que la mer monterait de 60 centimètres à 1,10 mètres, d'ici la fin du siècle, si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuaient pas fortement. Dans ce nouveau rapport, les chercheurs de l'Alliance nationale de recherche pour l'environnement, qui regroupe à la fois l'Inra ou l'Ifremer, font de la prospective : ils imaginent notre vie dans le futur.   

Si la mer monte de 50 centimètres d'ici 2100, les conséquences seront "modérées à sérieuses". Mais si elle s'élève de 1 mètre, ce sera "grave", et si on atteint 2 mètres, avec une hausse des températures de 2 degrés, les effets seront "extrêmes". Dans ces deux derniers cas, ce rapport promet des "crises répétées avec des exodes massifs", un recul important du trait de côte, davantage de pollution, des "écosystèmes en moins", une alimentation moins diversifiée, et plus globalement, une forme de "décroissance subie", voire le chaos, avec une priorité à l'autonomie énergétique. 

Ces scénarios catastrophe sont assumés par les chercheurs comme Audrey Béthinger, agronome à l'Inra et cheffe de projet pour cette étude, car le but est d'éclairer l'action publique.   

Selon elle, "si la mer monte de deux mètres, ce qui est confirmé comme une hypothèse par les travaux du Giec, cela se traduira par des tempêtes plus destructrices, répétées, qui toucheront des zones d'habitation côtières, des infrastructures existantes. Il y aura également une salinisation des terres à répétition qui nuiront à l'agriculture."

Des populations seront amenées à se déplacer et à revenir, selon leurs moyens, vers les grandes villes.

La cote s'érode, comme ici au pays Basque, menaçantt les bâtiments en bord de mer
La cote s'érode, comme ici au pays Basque, menaçantt les bâtiments en bord de mer © AFP / Biosphoto / Laurent Lhote

"Il n'est pas trop tard pour agir, mais c'est urgent" 

Dans ce rapport, il y a des éclairages sur certains points sensibles du globe, comme le Vietnam, les Pays-Bas et en France, la région Aquitaine. L'érosion du littoral et les submersions auraient notamment deux conséquences dans cette région, en plus des pertes économiques pour le tourisme : une augmentation massive de la population bordelaise après 2050 et une nette diminution des surfaces agricoles dans l'arrière pays.   

Or il faut agir avant 2040 sur les gaz à effet de serre pour limiter les dégâts et espérer rester dans les scénario 1 ou 2, avec des conséquences modérées ou sérieuses. Pour Audrey Béthinger, il faut "atténuer le changement climatique". Sinon, "ce sera coûteux et difficile de s'adapter, car les digues ne suffiront plus". En d'autres termes, l'inertie de l'océan est telle qu'on ne pourra plus ralentir le phénomène.

► POUR EN SAVOIR PLUS | Consulter le rapport de l'Alliance nationale de recherche pour l'environnement

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