Des centaines de militants écologistes bloquaient ce vendredi plusieurs lieux symboliques de la Défense, près de Paris, à l'appel de quatorze associations. Total, EDF, Société Générale : les entreprises visées sont celles qui, selon elles, "saccagent la planète", et font partie de la "République des pollueurs".

Les militants écologistes appellent à bloquer la "République des pollueurs"
Les militants écologistes appellent à bloquer la "République des pollueurs" © Radio France / Célia Quilleret

C'est une nouvelle étape dans la mobilisation citoyenne pour les questions environnementales : après les marches pour le climat et les grèves scolaires, quatorze associations et ONG appellent désormais à des actions de désobéissance civile, ciblant les entreprises et les organismes qui, selon elles, "saccagent la planète" et font partie de la "République des pollueurs". Par ce terme, elles veulent dénoncer ce qu'elles qualifient de collusion entre le gouvernement et les milieux d'affaires.

Peu avant 9h, ce vendredi matin, environ 2 000 militants écologistes ont répondu à cet appel, et bloquent des lieux emblématiques du quartier d'affaires parisien de la Défense. Les tours Total, EDF et Société Générale ont été ciblées par les activistes, ainsi qu'un bâtiment du ministère de la Transition écologique.

Dans la tour EDF, ils ont fait en sorte d'empêcher les entrées et sorties du bâtiment, avant d'être à leur tour bloqués par la sécurité
Dans la tour EDF, ils ont fait en sorte d'empêcher les entrées et sorties du bâtiment, avant d'être à leur tour bloqués par la sécurité © Radio France / Célia Quilleret

Dans la tour EDF par exemple, les militants ont pénétré dans le hall pour bloquer les ascenseurs, les portiques d'accès et s'enchaîner aux poteaux pour empêcher les salariés d'entrer et de sortir du bâtiment. En réaction, les services de sécurité de la tour ont "confiné" les militants et les journalistes couvrant l'événement à l'intérieur, les empêchant à leur tour de sortir. Devant le bâtiment de la Société Générale, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène sur les manifestants qui en bloquaient les accès, sans toutefois les déloger.

"Désobéissance civile"

Les activistes qui ne bloquent pas les bâtiments sont mobilisés pour coller des affiches "Macron président des pollueurs" et pour dérouler de la rubalise marquée "Scène de crime climatique".

Ils veulent dénoncer la collusion entre le gouvernement et les grandes entreprises
Ils veulent dénoncer la collusion entre le gouvernement et les grandes entreprises © Radio France / Célia Quilleret

Parmi ces associations mobilisées, Greenpeace était particulièrement reconnaissable aux brassards verts arborés par ses militants. ANV Cop21 (Action Non Violente) avait pour sa part choisi de revêtir des chasubles jaunes.

"Ces citoyennes et ces citoyens sont entrés en désobéissance civile pour dénoncer le fait que la politique climatique de la France se décide là où siègent les entreprises qui saccagent la planète", expliquent les organisations de défense de l'environnement sur un site internet dédié à cette action. "La complicité systématique entre ces entreprises, notre président et notre gouvernement paralyse le changement politique dont nous avons besoin pour répondre à l'urgence climatique. Nous répondons en bloquant cette République des pollueurs."

Plusieurs des responsables incriminés ont réagi dans la foulée : "Vous vous trompez d'ennemis", a tweeté le ministre de la Transition écologique, François de Rugy.

"Nous savons tous que ce n'est pas si facile parce que la première demande de la population est d'avoir accès à plus d'énergie, une énergie abordable, et qui doit être propre", a répondu Patrick Pouyanné, patron du géant pétrolier et gazier français Total.

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