Ministres et chefs d'état sont invités à venir dès le début de la COP24. Les pays participants au sommet qui doit sauver l'Accord de Paris ont beaucoup de travail. Aucun pays ne s'est vraiment engagé dans un réduction des émissions de CO2.

Le Centre international de conférences de Katowice accueille la COP24
Le Centre international de conférences de Katowice accueille la COP24 © AFP / Janek SKARZYNSKI

Le grand sommet climat annuel de l'ONU s'est ouvert hier dimanche 2 décembre, en Pologne. Près de 200 pays participent à cette COP24 (jusqu'au 14 décembre). D'habitude la séquence ministérielle se déroule en fin de Cop pour donner un dernier coup d'accélérateur aux négociations. Cette fois, les ministres et chefs d'état sont invités à venir dès le début. 

Mais ils sont peu nombreux à avoir fait le déplacement alors qu'une impulsion politique serait bien nécessaire ! Parce que parti comme c'est parti, l'objectif de l'Accord de Paris parait de plus en plus inatteignable : 2 °C maximum de réchauffement climatique avant la fin du siècle (et si possible, 1,5 °C)(dans un rapport publié la semaine dernière). 

Le Premier ministre français Édouard Philippe a par exemple annulé sa venue au sommet ce lundi, en raison de la crise des "gilets jaunes", qui a commencé comme un mouvement de protestation contre la hausse de la fiscalité écologique sur les carburants.

L'Organisation météo mondiale dit plutôt qu'on va droit vers 3 a 5 degrés de plus (à la fin du siècle) si on ne fait pas plus d'efforts.  Or pour l'instant aucun pays n'a dit qu'il allait réduire encore plus ses émissions de CO2.  

Lola Vallejo, directrice du programme Climat à L'IDDRI,  l'Institut du développement durable et des relations internationales a prévenu :

"Les contributions des états sont insuffisantes pour atteindre les objectifs de la COP21. Lors de cette COP, il va y avoir un moment politique, pour que les états disent comment ils vont pouvoir s'approcher d'une limitation à 2 degrés de l'augmentation de la température terrestre. Or on est dans dans un contexte différent de 2015, avec le retrait américain et l'élection présidentielle au Brésil. 

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Lola Vallejo, de l'IDDRI

Par Sandy Dauphin

Le réchauffement climatique devrait normalement ("is likely to" selon la terminologie du Giec) atteindre 1,5 °C entre 2030 et 2052 si nos émissions se poursuivent au rythme actuel. "L'un des messages clés de ce rapport, c'est que nous voyons déjà les conséquences du réchauffement climatique à 1 °C avec des phénomènes météo plus extrêmes, la hausse du niveau de la mer ou la fonte de la banquise de l'Arctique. Des changements parmi d'autres", explique Panmao Zhai, co-président du Groupe de travail 1 du Giec, cité dans le communiqué de presse. Mais il faudrait, selon le groupe d'experts, "des changements rapides, majeurs et sans précédent, dans tous les aspects de la société".

Chine, USA, Inde et Russie en haut du tableau des pollueurs

Parmi les 20 plus gros pollueurs, on trouve la Chine, très largement en tête.  Depuis 2005, le pays est dans une tendance exponentielle sur son émission de gaz carbonique. L'Union européenne et les États-Unis sont les seuls à faire valoir une véritable réduction de leurs émissions. La Russie et l'Inde quand à eux, font partie des cinq plus gros émetteurs de CO2, même si c'est à des niveaux bien inférieurs de la Chine, qui a fait exploser ses émissions de CO2 sur dix ans, alors qu'elle est, en ordre de grandeur, au même niveau de population que l'Inde.  

L'Empire du Milieu s'est toutefois engagé à quelques fermeture de centrales à charbon en raison de la mauvaise qualité de l'air. La pollution y fait 3 millions de décès prématurés par an... Mais la plupart des provinces chinoises restent réticentes à développer d'autres énergies, car elles souhaitent se développer et garder leurs emplois. 

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Quels changements depuis la  COP21 : "les engagements pris à Paris ne sont pas tenus" selon Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies. 

> ECOUTEZ LE PODCAST DE RADIO FRANCE "AGIR POUR MA PLANÈTE" :

A l'occasion de la COP24, retrouvez toutes les émissions et les chroniques sur le changement climatique, par les antennes de Radio France. Quel est l'impact du réchauffement climatique sur l'environnement ? Quels dangers, quelles solutions ? A retrouver sur iTunes, sur Deezer ou en fil RSS.

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