En Pologne, le grand sommet climat, la COP24 entre dans sa deuxième et ultime semaine. Les 196 pays ont jusqu'à vendredi pour se mettre d'accord sur le règlement d'application de l'accord de Paris. Mais certains États ne sont visiblement toujours pas convaincus par les dernières alertes scientifiques.

L'assemblée plénière de la COP24, à Katowice
L'assemblée plénière de la COP24, à Katowice © AFP / Janek SKARZYNSKI

Ce week-end, les diplomates réunis à Katowice ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur une formulation commune pour acter le dernier rapport du GIEC (le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du Climat). Ce sont les toutes dernières données scientifiques sur le réchauffement climatique à 1,5°C.

Les Etats-Unis, le Koweit, la Russie et l'Arabie Saoudite se sont démarqués des autres pays qui voulaient formellement "saluer" le rapport du Giec. Ils ont proposé plutôt "de prendre note". Une formulation beaucoup trop tiède selon les petits Etats Insulaires qui avaient poussé à la COP21 pour que ce rapport sur les conséquences d'un réchauffement à 1,5°C soit commandé. Ils ont été soutenus par l'Europe. La discussion a tourné court et a été renvoyée au printemps. 

Les diplomates sont habitués à débattre de chaque mot et de chaque virgule lors des COP. Mais pour le climatologue Jean Jouzel, ce cas est un peu particulier. Le choix des mots exprime la tentation de certains Etats pétroliers de minimiser l'alerte des scientifiques : "Je crois qu'ils n'acceptent pas la conclusion principale du rapport qui est de dire qu'il faut baisser très rapidement les émissions de CO2. Pour rester à 1,5°C, il faut atteindre la neutralité carbone en 2050. Et je crois que pour eux ces conclusions sont inacceptables parce que s'ils les acceptent,  ça veut dire qu'ils doivent faire quelque chose. En gros, les pays désapprouvent leurs scientifiques : c'est une très mauvaise nouvelle".

"Qu'est-ce qui est si dérangeant dans notre rapport (commandé par les gouvernements lors de la COP21 et approuvé par ces mêmes gouvernements lors de la dernière session plénière du Giec) pour que quatre gouvernements puissent ne même pas "approuver" ses conclusions ?", a posté sur Twitter la co-présidente de l'un des groupes de travail du Giec, Valérie Masson-Delmotte

Ce débat autour du rapport du Giec s'est déroulé dans un organe subsidaire de la COP, il ne bloque pas les négociations officielles en cours. La secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson a néanmoins reconnu ce matin lors d'un point presse à Katowice que c'était un "signal faible".

Cette semaine à Katowice, 121 ministres sont attendus pour tenter de donne un nouvel élan à cette COP24. Les pays qui ont ratifié l'Accord de Paris ont jusqu'à 2020 pour renforcer leurs mesures de réduction de gaz à effet de serre. Katowice devait servir de tremplin. Mais pour l'instant, aucun des grands pollueurs n'a dit qu'il irait plus vite et plus loin pour lutter contre le réchauffement climatique. 

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