Les ressources que la planète produit annuellement sont épuisées depuis lundi. Jusqu'au 31 décembre, les habitants de la Terre vivront donc à crédit. Arnaud Gauffier co-responsable de WWF France et Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France, nous expliquent ce que cela signifie.

L'humanité a épuisé ses ressources naturelles ce lundi 29 juillet
L'humanité a épuisé ses ressources naturelles ce lundi 29 juillet © AFP / LEONELLO CALVETTI / SCIENCE PHOTO / LCL / Science Photo Library

Depuis lundi, la Terre vit à crédit. L'humanité a utilisé toutes les ressources naturelles mises à disposition par la planète en seulement sept mois. L'année dernière, c'était le 1er août. Chaque année, le jour du "dépassement" recule, une date symbolique, mais qui en dit beaucoup sur notre surconsommation et les dangers auxquels la planète fait face. 

"On commence à puiser sur les réserves de la planète"

Cette étude a été réalisée par le laboratoire d'idée, Global Footprint Network. Chaque année, l'organisme recalcule la date à laquelle la Terre commence à vivre à crédit. 

Arnaud Gauffier, co-responsable de WWF France (World Wildlife Fund ou Fonds mondial pour la nature) a expliqué à Maureen Suignard que cette date est tout d'abord symbolique : "L'humanité aura consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de renouveler en une année, ça ne veut pas dire qu’on ne peut plus rien consommer après, mais on va commencer à entamer le capital de renouvellement des ressources naturelles de la planète.

À partir du 29 juillet, le CO2 supplémentaire que l’humanité va émettre jusqu’à la fin de l’année restera dans l’atmosphère et participera au réchauffement climatique. 

Pour réaliser ce calcul, Global Footprint Network a pris en compte la déforestation, l'accumulation de carbone dans l’atmosphère, l'érosion des sols, l'appauvrissement de la biodiversité ainsi que le réchauffement climatique. 

C'est à dire qu'à partir du 29 juillet, l'humanité aura, par exemple, consommé plus de poisson par rapport à ce que l'océan peut renouveler, naturellement, en une année. 

Un calcul imparfait selon Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France : pour elle l'étude ne prend pas en compte la consommation d'eau, et la méthode de calcul repose sur "l’utilisation des terres ou des ressources de la pêche, alors qu'on pourrait aller encore plus dans le détail." Ce chiffre doit être vu comme un ordre de grandeur pour montrer que "que la date arrive de plus en plus tôt.

Une date qui avance d’année en année

Global Footprint Network calcule le jour de dépassement des ressources naturelles depuis 1970. Et on peut voir, que plus les années passent, plus notre consommation de ressources naturelles augmente. 

Arnaud Gauffier explique : "En 1970, l’empreinte écologique de l’humanité correspondait aux limites de la planète Terre, la date tombait le 29 décembre". Aujourd'hui, c'est le 29 juillet. 

Avec notre rythme de consommation de ressources naturelles, aujourd'hui il nous faudrait l’équivalent de 1,75 planète pour satisfaire les besoins de l’humanité. 

"Des actions urgentes et ambitieuse"

Arnaud Gauffier l'affirme, l'urgence est de "réduire les émission de CO2", qui sont responsables à 60% du jour de dépassement. Il est donc important, même nécessaire, de rester et surtout de respecter les Accords de Paris en ne dépassant pas les 1,5° de réchauffement climatique. 

"Il faut demander des actions urgentes et ambitieuses, c’est un rappel salutaire, efficace, pour lutter contre le réchauffement climatique et la surconsommation des ressources"

Si à l’échelle mondiale les émissions de CO2 étaient divisées par deux, la date du dépassement climatique arriverait alors au mois d'octobre et plus en juillet. On gagnerait trois mois et on reviendrait au même niveau que dans les années 80 et 90.

D'autres solutions sont aussi connues de tous : moins prendre l'avion, arrêter la déforestation, révolutionner le secteur des transports.

Pour inverser la donne, il faut que l'effort soit collectif. Pour Flore Berlingen, les citoyens doivent se rendent compte de l'ampleur des déchets de leurs produits du quotidien : 

"On voit le déchet final dans notre poubelle, on le constate au quotidien. Mais les déchets produits en amont pour un tee-shirt ou un smartphone, on ne le voit pas"

Pourtant, derrière chaque objet il y a des extractions de matières premières, d’énergies, d’eaux qui sont invisibles pour le consommateur, mais qui polluent énormément. 

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