A quatre jours du lancement du Sommet mondial pour l’action climatique, la semaine prochaine à San Francisco, quelque 800 actions organisées par des ONG sont prévues ce samedi dans plus de 90 pays. En France, s’y ajoutent des événements citoyens initiés après la démission de Nicolas Hulot.

Le rassemblement, à Paris, a commencé sur le parvis de l'hôtel de Ville
Le rassemblement, à Paris, a commencé sur le parvis de l'hôtel de Ville © Radio France / Sandy Dauphin

L’inconséquence climatique est un problème mondial et partout, le constat est fait que la politique des petits pas précipite la crise : c'est sur ce constat, énoncé jeudi par Clémence Dubois de l’association 350.org, que se base le vaste mouvement d’action prévu ce samedi, avec plus de 800 manifestations dans plus de 90 pays, en faveur du climat.  

Inciter les acteurs non-étatiques 

A l’initiative de dizaines d’ONG, ces rassemblements et manifestations se tiennent quelques jours avant le début d’un Sommet mondial pour l’action climatique, qui aura lieu du 12 au 14 septembre à San Francisco, aux Etats-Unis. Le rassemblement qui s’y tiendra ce samedi devrait d’ailleurs être “la plus grande marche jamais vue sur la côte ouest des Etats-Unis".  

En Asie ce samedi matin, les manifestants étaient peu nombreux, sauf à Manille où quelque 800 personnes ont défilé. Mais d’importants rassemblements sont attendus à Lisbonne, Kiev, Bangkok ou au Nigeria et en Colombie. Tous, autour du monde, demandent la fin des énergies fossiles et la promotion des énergies renouvelables. 

A Manille, quelque 800 personnes étaient rassemblées pour marcher pour le climat
A Manille, quelque 800 personnes étaient rassemblées pour marcher pour le climat © AFP / Noel Celis

“On ne peut pas se reposer uniquement sur les chefs d’Etat, il faut faire appel à la responsabilité de tous les décideurs qui nous entourent” (Clémence Dubois) 

L’objectif de ces marches est de sensibiliser les acteurs non-étatiques à agir également. Ce sera précisément le propos du sommet de San-Francisco la semaine prochaine, qui rassemblera des entreprises, des collectivités locales ou des fédérations qui veulent aussi, à leur niveau, participer à la baisse des émissions de gaz à effet de serre.  

Appels citoyens et scientifiques 

En France, 130 événements sont prévus, dont une vaste marche à Paris. A ces actions organisées par des associations se sont ajoutées, depuis la semaine dernière, de nombreux appels d’initiative citoyenne, faisant suite à la démission du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot.  

Plusieurs milliers de personnes étaient réunis sur le parvis de l'Hôtel de Ville
Plusieurs milliers de personnes étaient réunis sur le parvis de l'Hôtel de Ville © Radio France / Sandy Dauphin

A Paris par exemple, c'est à l’initiative d'un citoyen de 27 ans que la marche populaire de ce samedi a été organisée. Sur les réseaux sociaux, Maxime Lelong avait écrit "Je vais être papa en décembre, je veux qui mon fils ait une planète vivable, un endroit où habiter, qu'il puisse avoir des petits-enfants". 

Très familiale, cette manifestation voyait se côtoyer des militants et des citoyens, des manifestants déguisés, des pancartes. Selon les organisateurs, 50 000 personnes ont participé, et 18 500 selon les autorités. Plusieurs personnalités pris part au cortège, notamment Corinne Lepage, Benoît Hamon et Yann Arthus-Bertrand à Paris, Delphine Batho à Nantes ou Jean-Luc Mélenchon à Marseille. 

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Ce sont bien les citoyens qui ont marché en tête du cortège.

Par Sandy Dauphin, avec les moyens techniques d'Eric Audra

Sur Twitter, Nicolas Hulot, qui ne participait pas à ces manifestations, a appelé les citoyens à "continuer à faire entendre [leur] voix". "Les citoyens qui se mobilisent partout (...) ont le pouvoir d'impulser le changement pour l'avenir de nos enfants", a-t-il écrit dans cette première prise de parole publique depuis sa démission. 

A Marseille par ailleurs, quelque 2 500 personnes ont défilé selon les organisateurs, et 700 selon la police. Parmi les autres actions qui avaient lieu, à Toulouse et dans plusieurs autres villes de France, l'association Les amis de la Terre a décidé de "nettoyer" symboliquement, balais et plumeaux à la main, les agences de la Société Générale qui selon elle "finance le gaz de schiste et les énergies fossiles extrêmes au niveau international". A Lille également, plusieurs milliers de manifestants étaient réunis. 

Des milliers de personnes se rassemblent sur la grande place du général de gaulle de Lille avant d'entamer la marche pour la défense du climat
Des milliers de personnes se rassemblent sur la grande place du général de gaulle de Lille avant d'entamer la marche pour la défense du climat © Radio France / FRANCOIS CORTADE
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Reportage à Toulouse aux côtés de militants

Par Stéphane Iglésis

Ce samedi matin en outre, 700 scientifiques français ont lancé un appel aux dirigeants politiques pour qu’ils “passent de l’incantation aux actes pour enfin se diriger vers une société sans carbone”, peut-on lire dans Libération. “Les discours sont insuffisants, comme le montrent les récents chiffres d'émissions de gaz à effet de serre (...) Il est tout aussi crucial qu'urgent de sortir du champ de l'incantatoire et de traduire concrètement ces discours en choix politiques forts et clairs au service d'une transformation sociétale profonde", expliquent-t-ils.  

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