Plusieurs ONG environnementales appellent ce samedi à une "marche sur les aéroports" pour dénoncer la pollution liée au trafic aérien. Des rassemblements et des actions de désobéissance civile sont prévues. Malgré un trafic aérien en baisse, ces ONG réclament une autre stratégie pour les transports en France.

Façade de l'un des terminaux de l'aéroport de Roissy, qui devrait accueillir un quatrième terminal dans les prochaines années.
Façade de l'un des terminaux de l'aéroport de Roissy, qui devrait accueillir un quatrième terminal dans les prochaines années. © Radio France / Baptiste Schweitzer

Paris, Nice, Bordeaux, Marseille ou Toulouse... au total, dans 19 villes de France, des associations comme Action Non Violente-COP21 ou Alternatiba appellent à des "marches sur les aéroports" destinées à dénoncer la pollution liée au trafic aérien. Rassemblements et actions de désobéissance civile sont prévus. 

Des extensions "inacceptables"

Ces ONG demandent une réduction drastique du nombre de vols, et un plan de reconversion pour les salariés du secteur : elles s'opposent donc en toute logique à différents projets d'agrandissement d'aéroports, incompatibles avec les exigences climatiques de la France, selon la porte-parole du réseau Alternatiba Marie Cohuet : 

"Le Haut-conseil pour le climat a dit, dans son dernier rapport, qu'il fallait réfléchir à réduire la place de l'aérien. Nous, nous faisons tout le contraire, nous construisons des extensions d'aéroports". 

"Si je donne l'exemple de Paris, le terminal 4 de Roissy augmenterait le trafic aérien de plus de 38% d'ici à 2037, poursuit-elle. Il y a également des projets à Nice, avec une augmentation de la capacité de 50%, à Marseille... ces projets d'aéroports sont complètement inacceptables". Or, aujourd'hui, le nombre de passagers a chuté de 80% entre début mars et fin août, selon l'Union des aéroports français. 

Des projets moins ambitieux

D'ailleurs, le gouvernement semble réfléchir à un projet moins ambitieux que prévu pour le terminal 4 de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle : au départ, il était question d'accueillir 40 millions de passagers en plus chaque année d'ici à 2030, mais avec la crise sanitaire, une extension aussi grande ne semble plus justifiée. 

Enfin, le gouvernement mise désormais sur un avion à hydrogène, avec un objectif zéro émission carbone. Aujourd'hui, le secteur aérien représente 1,5% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.