Depuis son élection, le Président américain multiplie les décisions et les nominations néfastes pour le climat. En plus de détricoter méthodiquement la politique menée par Barack Obama en matière d'environnement.

États-Unis : cheminées de l'usine de charbon du Capitole à Washington
États-Unis : cheminées de l'usine de charbon du Capitole à Washington © AFP / SAUL LOEB

La Chine est le premier pays émetteur de dioxyde de carbone depuis 2005, année où elle a "détrôné" les Etats-Unis. Mais, rapporté à la population, les Américains émettent deux fois plus de CO2 que les Chinois : 16 tonnes par an et par habitant des États-Unis en 2013 contre 7,2 tonnes. Et pourtant, le Président américain multiplie les décisions néfastes pour le climat, au nom de l'économie et de "la défense de la grandeur de l'Amérique". 

"Le réchauffement climatique n'est pas dû à l'homme"

Depuis des années, Donald Trump multiplie les déclarations climato-sceptiques. Pas plus tard que mercredi, il se demandait ce qu'était "devenu le réchauffement climatique" alors que l'on bat des records de froid.

Dans une interview à l’émission "60 minutes" sur CBS le 14 octobre, le Président américain lançait cette autre phrase définitive et... fausse : "Je ne pense pas que ce soit un canular. Mais je ne sais pas si l'action humaine est responsable. Et ça pourra revenir en arrière"

Autre déclaration récente du président, lors de son déplacement à Paradise le 17 octobre :

Je veux un bon climat ! Et nous allons en avoir un ! 

Selon lui, il serait possible que le climat redevienne comme avant. Ce qui est impossible selon la science (et notamment le rapport national sur le Climat). On peut noter que Trump a quelque peu évolué sur le dossier, puisqu'en 2012, il affirmait encore que le réchauffement climatique était un canular : 

Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre l'industrie américaine non-concurrentielle 

Les causes des incendies géants en Californie

Le Président américain crée la polémique alors que les Californiens continuent de se battre contre le violent incendie dans la région de Paradise, dans le nord de la Californie. En déplacement sur les lieux le 17 novembre, Trump affirme que c'est la gestion californienne des forêts qui est responsable de l'intensité et de la superficie des feux dans cet État de l'ouest américain.

De leur côté, de nombreux scientifiques désignent le climat en général et le réchauffement climatique en particulier comme étant la principale cause, non pas du départ des feux, mais de leur étendue. 

L'annulation de normes anti-pollution dans l'automobile

L'administration Trump annonce en août son plan mettant fin à la politique d'Obama prévoyant d'augmenter les normes pour les véhicules construits ces dix prochaines années. Les règles sous Obama devaient limiter les gaz à effet de serre et représentaient le plus gros effort des États-Unis pour réduire les émissions de dioxyde de carbone. Environ un sixième des émissions de gaz à effet de serre émis aux États-Unis en 2016 est dû aux voitures individuelles et les camionnettes

Un projet de budget

Dans son projet de budget 2019, l'administration Trump propose d'importants retours en arrière dans les programmes d'étude des effets du réchauffement, ainsi que des coupes dans la recherche sur les énergies renouvelables. Il est également question de réduire de 72% les fonds alloués au Département de l'Énergie pour les énergies renouvelables et pour les projets en la matière. Le Congrès pourrait ne pas signer ce budget.

La sortie de l'Accord de Paris

L'annonce fait l'effet d'une bombe. Alors que les États-Unis d'Obama s'étaient engagés à une réduction substantielle de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 (par rapport à 2005), Donald Trump annonce le 1er juin 2017, la sortie des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, ratifié par l'administration Obama en septembre 2016. En réalité, Donald Trump ne fait que tenir une promesse électorale. 

► REGARDER : La conférence de presse de Donald Trump (en intégralité) annonçant la sortie de l'Accord de Paris sur le climat

Réaction quasi-immédiate d'Emmanuel Macron : le président français reprend le slogan de Trump Make America great again ("Redonner à l'Amérique sa grandeur"), et le transforme en Make our planet great again :

Sur le sol américain, la décision de Trump ne fait pas l'unanimité non plus. Plusieurs villes, comme Phildadelphie, et des États comme la Californie, soutenus par des marques comme Tesla, Allianz et Facebook, décident d'appliquer l'Accord de Paris malgré tout, avec le slogan _“We are still in” (Nous participons toujours)_. Ces frondeurs représenteraient quelque 127 millions d'Américains et plus de 6 milliards d'euros de l'économie du pays.

La nomination d'un lobbyiste à la tête de l'Agence de l'environnement

Avant de sortir de l'Accord de Paris, Donald Trump avait d'abord nommé à la tête de l'EPA, l'Agence de protection environnementale (Environmental protection agency), un ardent défenseur de ce retrait de l'Accord de Paris sur le climat : le très controversé Scott Pruit, ancien procureur général de l'Oklahoma et lieutenant très zélé de Trump. Mais étant accusé d'avoir profité de l'argent du contribuable à des fins personnelles, Pruitt est contraint à la démission en juin dernier. 

Depuis, l'ancien lobbyiste de l'industrie du charbon Andrew Wheeler est nommé par intérim à la tête de l'agence. Choix très évocateur, d'autant que le 16 novembre dernier, Trump laisse entendre qu'il va confirmer Wheeler comme patron de l'EPA. Il faudra ensuite que ce choix soit entériné par le sénat. 

La relance de l'oléoduc Keystone XL entre les États-Unis et le Canada

Malgré les risques en matière d'environnement, Donald Trump se bat depuis son arrivée à la Maison-Blanche pour relancer la construction de l'oléoduc géant Keystone XL, affirmant que 48 000 emplois seraient créés, un chiffre largement contesté par les adversaires au projet. Long de 1 900 km, cet oléoduc, déjà partiellement en service, est censé relier les champs pétrolifères de la province canadienne d'Alberta à l'État américain du Nebraska et aux raffineries du golfe du Mexique. Huit ans après en avoir fait la demande, l'opérateur TransCanada a ainsi obtenu grâce à Trump le permis de construire du pipeline géant.

Mais le 8 novembre dernier, Trump essuie un revers : un juge fédéral du Montana suspend la construction de l'oléoduc géant, en se basant sur une analyse du département d'État américain. Cette analyse avait d'ailleurs servi à Barack Obama pour bloquer la construction de Keystone XL en 2015. 

Pour l'instant, les travaux d'extension sont donc suspendus. 

Le développement de l'industrie du charbon

Dans l'ère Trump, le charbon redevient une source d'énergie avec laquelle il faut compter

Allant à l'encontre de tous les conseils environnementaux, Donald Trump fait annuler les mesures écologiques prises par l'administration Obama en la matière. Trump redonne le pouvoir à chaque État, et annule les normes fédérales encadrant les émissions de dioxyde de carbone et de méthane. Certains États producteurs de charbon, comme la Virginie occidentale ou la Pennsylvanie, vont ainsi pouvoir assouplir considérablement leurs règles d'émissions de particules sans contrainte fédérale. Le plan Trump va surtout concerner les usines les plus anciennes qui polluent le plus, en leur permettant de durer plus longtemps.

ECOUTEZ LE PODCAST DE RADIO FRANCE "AGIR POUR MA PLANÈTE" : 

A l'occasion de la COP 24, retrouvez toutes les émissions et les chroniques sur le changement climatique, par les antennes de Radio France. Quel est l'impact du réchauffement climatique sur l'environnement ? Quels dangers, quelles solutions ? A retrouver sur iTunes, sur Deezer  ou en fil RSS.

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