Selon un rapport publié ce mardi par l'ONG Global Forest Watch, en 2019, les forêts tropicales ont perdu 11,9 millions d'hectares, dont plus d'un tiers dans les zones primaires, essentielles à la biodiversité. Une perte qui s'est accélérée par rapport à 2018.

Les forêts tropicales sont frappées par une forte disparition du "couvert arboré"
Les forêts tropicales sont frappées par une forte disparition du "couvert arboré" © AFP / Lula Sampaio

Vingt-quatre millions d'hectares de couvert forestier ont disparu l'an dernier : cela est lié notamment aux incendies monstres en Sibérie, en Californie ou en Australie, mais aussi à des coupes claires au Brésil ou en République démocratique du Congo, au profit de l'agriculture, pour la culture du soja, de l'huile de palme, ou l'exploitation du bois.

Partout sur la planète, la forêt recule. Mais à elle seule, la forêt tropicale subit la moitié de ses pertes. Or, c'est capital : c'est là que l'on trouve les arbres les plus vieux, les bois les plus denses, autrement dit, ceux qui sont notre assurance-vie pour le stockage du carbone. Pour se reconstituer, ces écosystèmes ont besoin de plusieurs décennies. 

Selon la plateforme de suivi Global Forest Watch, qui se base sur des photos satellite, les pertes s'élèvent à 11,9 millions d'hectares de couverture : une perte 2,8% plus élevée qu'en 2019. Ce qui équivaut à la disparition d'une surface équivalente à celle d'un terrain de football en moyenne toutes les six secondes, toute l'année. Pire encore, un tiers de cette surface, soit environ 3,8 millions d'hectares, concerne les "forêts tropicales primaires", celles qui sont les plus essentielles à la biodiversité.

Situation alarmante au Brésil et en Bolivie

Le tiers de ces pertes dans les forêts primaires s'est produit au Brésil l'an passé : en dehors des années 2016 et 2017 où des feux de forêt ont entraîné des pertes record, l'année 2019 est celle où les pertes sont les plus graves depuis 13 ans (un bon nombre des incendies de 2019 se sont produits dans des zones qui étaient déjà déboisées). Parmi les raisons exposées par Global Forest Watch, figure une nouvelle législation, adoptée en février 2019, et autorisant l'extraction minière et de pétrole et de gaz dans les territoires des peuples autochtones d'Amazonie.

En revanche, en Bolivie, la perte du couvert arboré est sans précédent : elle est 80% plus forte en 2019 que sur la deuxième année la plus forte enregistrée. Selon l'organisation, cela est lié à des feux initiés par l'activité humaine, en particulier pour la culture du soja, et qui sont devenus hors de contrôle, s'étendant aux forêts. 

Du mieux dans certains pays

La République démocratique du Congo et l'Indonésie sont les pays qui suivent, en termes de pertes, mais ils parviennent à contenir l'hécatombe – en Indonésie notamment, où malgré une forte saison des feux, la tendance est à la baisse pour la troisième année consécutive, grâce à un moratoire décidé par les autorités sur les autorisations de défrichement pour le palmier à huile. 

Au Ghana, en Côte d'Ivoire et en Colombie, la situation est également moins catastrophique qu'en 2018 : là encore, ce sont parfois les engagements des gouvernements, voire des industriels – notamment dans la branche du cacao – qui portent leurs fruits.

Global Forest Watch signale toutefois que la perte du couvert n'est pas forcément synonyme de déforestation : il s'agit de la disparition de la canopée des arbres, qui peut se régénérer dans les années qui suivent – alors que la déforestation concerne la régression durable des surfaces couvertes.

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