Selon une récente mise en garde de l'Agence internationale de l’énergie (AIE), les SUV, ces véhicules aux faux-airs de 4x4 de plus en plus appréciés par les conducteurs urbains, vont provoquer une consommation accrue de pétrole dans les années à venir.

Les SUV consomment environ 25% de plus de carburant que les berlines de taille moyenne, ce qui se traduit par des émissions de CO2 augmentées d’autant
Les SUV consomment environ 25% de plus de carburant que les berlines de taille moyenne, ce qui se traduit par des émissions de CO2 augmentées d’autant © Getty / Chakarin Wattanamongkol

Les SUV sont désormais identifiés comme un sérieux frein à la transition énergétique : le 15 octobre dernier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a lancé un avertissement : l’engouement mondial pour ces véhicules plus volumineux et plus lourds que les citadines va entraîner un important surcroît de consommation de pétrole au cours des deux prochaines décennies.

Un quart de carburant en plus pour leur consommation

Il y aurait aujourd’hui, selon l’AIE, 200 millions de SUV en circulation dans le monde, contre 35 millions en 2010. En moyenne, ils représentent désormais 40% des ventes de véhicules particuliers dans le monde (48% aux Etats-Unis, 42% en Chine et 33% en Europe). Ces véhicules consomment environ 25% de plus de carburant que les berlines de taille moyenne, ce qui se traduit par des émissions de CO2 augmentées d’autant. Au point que les SUV portent une grande responsabilité dans la hausse des émissions mondiales de CO2 constatée depuis 2010, juste après le secteur de l’énergie, et devant les industries lourdes (aciéries, ciment, chimie, aluminium, papier etc.), le transport routier et le transport aérien.

Selon l’AIE, si la tendance se prolonge, les SUV seront à l’origine d’un surplus de consommation de pétrole d’environ 2 millions de barils par jour (320 millions de litres) en 2040. Dit autrement, les SUV annuleraient les économies permises par 150 millions de voitures électriques à cette échéance.

La France touchée par ce fléau énergétique

La France n’échappe pas à la règle. Selon les données de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), les SUV représentaient plus de 36% des ventes de voitures particulières l’an dernier, contre 5% dix ans plus tôt. Le résultat est immédiat: alors que les émissions de CO2 par kilomètre baissaient depuis de nombreuses années, elles sont reparties à la hausse en 2016, et atteignent désormais 112 g par kilomètre alors qu’elles devront revenir à 95 g/km en 2021 au plus tard dans l’ensemble de l’Union européenne.

Les constructeurs automobiles se félicitent de cet engouement pour des voitures qui leur assurent des marges plus confortables que les petits véhicules plus sobres. Notamment PSA, qui est sorti du rouge grâce au succès de ses SUV, rappelle Mathieu Chassignet, qui est en charge des mobilités à l’ADEME. 

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