Les COP visent à réduire l'impact du réchauffement climatique et à limiter les gaz à effet de serre. La COP24 a pour objectif de transformer l’essai de l’Accord de Paris. Les États sont réunis du 2 au 14 décembre en Pologne. Voici tout ce qu'il faut savoir sur cette COP et ses objectifs.

Dispositif "anti-pollution" dans le métro de Katowice en Pologne
Dispositif "anti-pollution" dans le métro de Katowice en Pologne © Maxppp / .

COP, c'est-à-dire ? 

Une COP est une Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. C'est une émanation des Nations-Unies. Cette année elle a lieu à Katowice en Pologne. 

Qui participe ? 

Centre quatre-vingt dix États seront représentés. 

Outre les États, la COP24 attend aussi des acteurs non étatiques, ONG ou institutions. Lors du dernier sommet intermédiaire pour l’action climatique mondiale, plus de 4 000 représentants d'organisations sont venus demander aux gouvernements de contribuer à un accord lors de la COP polonaise.

Comment se comporteront les pays les plus réticents ? Le contexte est que depuis la signature l'Accord de Paris, la lutte contre le réchauffement climatique a reculé du fait du retrait américain de l'accord. Or les États-Unis sont le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde, après la Chine. Ce qui a amené Emmanuel Macron à appeler de ses vœux une alliance entre France, Europe et Chine sur les questions de climat. Selon lui, l'Accord de Paris a survécu grâce à la baisse des émissions de CO2 en Chine. Le Brésil et l’Australie font également partie des pays les moins volontaires en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Ce contexte pourrait transformer cette COP en réunion de sauvetage de l'Accord de Paris.

A quoi ça sert ?

Les participants sont supposés finaliser les règles de mise en oeuvre du pacte de 2015 (Accord de Paris), qui vise à contenir le réchauffement mondial sous les 2°C, voire 1,5°C, par rapport à l'ère préindustrielle.

  • Rédaction d'une feuille de route

La COP24 doit aboutir à la rédaction d'une feuille de route pour que chaque État puisse appliquer l'accord concrètement. 

En théorie, la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP24) consistera donc à adopter toutes les décisions garantissant la pleine application de l’Accord de Paris.  

  • Réduire les gaz à effet de serre vraiment

Le pacte de 2015 vise à limiter l'augmentation des températures sous la barre des 2°C, voire 1,5°C, par rapport à l'ère préindustrielle. À Katowice, en Pologne, les pays doivent s'engager à intensifier leurs efforts dans ce domaine, par une drastique réduction des émissions de gaz à effet de serre. Car les engagements actuels conduiraient, selon le GIEC, à une hausse de la température moyenne mondiale de plus de 3°C par rapport à l'ère préindustrielle. 

L'objectif ultime de tous les traités qui entrent dans le cadre des conférences organisées par les Nations-Unies est de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique, dans un laps de temps qui permet aux écosystèmes de s'adapter naturellement et facilite le développement durable.

La Pologne, elle, voudrait montrer comment la neutralité en termes d’émissions de gaz à effet de serre, c’est-à-dire un équilibre entre les émissions de CO2 et sa séquestration par les sols et les forêts, peut être atteinte. Les organisateurs ont avancé la conférence d'un jour parce qu'ils ont considéré qu'il faudrait plus de temps aux participants pour travailler et aboutir à des engagements précis. 

  • Faire redémarrer le Fonds vert pour le climat

Ce Fonds vert pour le climat est la caisse commune des investissements en faveur du climat pour les pays en voie de développement.

Les pays en développement s'inquiètent de la trop faible dotation du Fonds. Beaucoup d'initiatives dans ces pays sont soumises à ce fonds depuis plusieurs années. Le fonds aurait investi 1 milliard d'euros, sur les 10 milliards que les participants aux précédentes COP avaient promis. Depuis juillet, la gouvernance du fonds est en panne, car lors du conseil d'administration qui s'est tenu en Corée-du-sud, le directeur exécutif Howard Bamsey, a démissionné. 

Pourquoi est-ce en Pologne, championne du charbon ?

Ce n’est pas la première fois que la Pologne reçoit une COP. En 2008, il y a eu la COP14 à Poznan, puis en 2013, la COP19 à Varsovie. La Pologne avait aussi présidé la COP5 qui a eu lieu à Bonn en 1999. Ceci ne fait pas du pays le meilleur élève de la classe écologique d'Europe. La Pologne tire actuellement 80% de son électricité du charbon, dans des centrales thermiques obsolètes, qui, pour bon nombre d'entre elles, devront fermer dans les dix ans à venir. La première centrale nucléaire de Pologne devrait entrer en service après 2030, le pays visant désormais à réduire la part du charbon dans sa production d'électricité. L'organisation écologiste internationale de juristes ClientEarth a saisi la justice polonaise contre l'agrandissement d'une grande centrale à charbon, contrôlée par l'État. Selon l'organisation, il "s'agit d'une première saisine dans le monde où le groupe (attaqué) devra prouver la rentabilité de l'investissement sous l'angle des risques financiers liés aux politiques climatiques". ClientEarth demande l'annulation la décision par l'AGA d'Enea d'investir l'équivalent d'1,5 milliards d'euros pour la construction de l'unité C de la centrale. Ce module doit avoir une capacité d'environ 1 000 mégawatts.  La Pologne qui émettait déjà 7,63 tonnes annuelles de CO2 par habitant en 2016 d’après l’Agence Internationale de l’Energie (contre 4,38 tonnes pour la France) passe pour le mauvais élève de l'Europe. 

Ces mots et expressions qu'on aura du mal à comprendre

  • Plan d’action de Katowice pour la transition juste : c'est un des objectifs de la COP.  La "transition juste", est un concept porté par les syndicats, mentionné dans l’Accord de Paris sur le climat. C'est juste la transition énergétique qui permet de changer d'énergie tout en accompagnant les travailleurs employés dans le secteur des énergies fossiles.
  • Le dialogue de facilitation a été renommé Dialogue de Talanoa. Tala veut dire raconter et Noa signifie librement en fidjien. Selon les Nations Unies, ce dialogue, "amène les participants à assouplir leurs positions et à revisiter leurs idées en les confrontant à celles des autres. Ce style de dialogue privilégie l’échange et la participation, la découverte de points communs et la communication spirituelle autour d’un sens partagé". Grâce à ces échanges, les 195 pays des Nations Unies devraient établir un bilan global de leurs émissions de gaz à effet de serre.

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A l'occasion de la COP24, retrouvez toutes les émissions et les chroniques sur le changement climatique, par les antennes de Radio France. Quel est l'impact du réchauffement climatique sur l'environnement ? Quels dangers, quelles solutions ? A retrouver sur iTunes, sur Deezer ou en fil RSS.

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