Une semaine après la remise de leurs 149 propositions au gouvernement, les membres de la Convention Citoyenne pour le Climat étaient reçus à l'Elysée ce lundi. Emmanuel Macron propose de passer par référendum sur certains sujets, mais rejette l'idée des 110km/h sur l'autoroute, et l'idée d'une taxe sur les dividendes.

Emmanuel Macron s'est exprimé devant les membres de la Convention Citoyenne pour le Climat dans les jardins de l'Élysée.
Emmanuel Macron s'est exprimé devant les membres de la Convention Citoyenne pour le Climat dans les jardins de l'Élysée. © Capture d'écran © Élysée

Il avait promis "un discours très offensif" sur l'écologie : Emmanuel Macron s'est adressé ce lundi, dans les jardins de l'Elysée, aux membres de la Convention Citoyenne pour le Climat, composée de 150 citoyens tirés au sort. La semaine dernière, ils avaient présenté leurs 149 propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France de 40% d'ici 2030. Un discours présidentiel au lendemain du second tour des élections municipales, qui a vu les écologistes remporter plusieurs villes importantes, comme Bordeaux, Lyon ou Strasbourg. 

"Nous serons attentifs, monsieur le Président, aux suites que vous donnerez à nos travaux", lui a lancé un des six membres de la Convention choisis pour présenter leur travail en préambule du discours d'Emmanuel Macron. "Le temps est venu de faire, d'agir", a répondu le président de la République en introduction d'un discours de plus de 45 minutes au total. Voici les cinq annonces à retenir.

15 milliards d'euros pour la conversion écologique

Emmanuel Macron promet la mise en place rapide d'un certain nombre de mesures. Certaines passeront devant un conseil écologique de défense d'ici fin juillet. D'autres seront intégrées au plan de relance post-Covid, qui sera présenté au Parlement "d'ici la fin de l'été". Dans ce cadre, le Président indique que 15 milliards d'euros seront investis durant les deux prochaines années dans la conversion écologique. 

Emmanuel Macron veut notamment mettre en place des aides financières à destination des plus modestes pour la rénovation énergétique des logements, pour "que la transition n'exclut pas les plus modestes, ce qui doit être la marque de fabrique d'une écologie à la française", souligne le Président.

Deux référendums en vue

Il s'y était déjà dit favorable, le Président fait un pas de plus vers le référendum. Ou plutôt les référendums. Le premier concerne les institutions, et portera, comme proposé par la Convention Citoyenne, sur l'introduction dans l'article premier de la Constitution des notions de "biodiversité, d'environnement et de lutte contre le réchauffement climatique". S'il a besoin de l'accord du Sénat et de l'Assemblée nationale pour organiser ce référendum, le sujet semble faire assez consensus pour que ce soit possible.

Le second pourrait être organisé "dès 2021", et concernerait "un ou plusieurs textes de loi" reprenant des propositions de la Convention. Le Président n'a en revanche pas dit quelles propositions pourraient être soumises au vote des Français.

Refus des 110km/h sur l'autoroute et de la taxe sur les dividendes

S'il avait promis de reprendre toutes les propositions de la Convention "sans filtre", Emmanuel Macron s'est autorisé quelques "jokers" comme il l'a dit lui même. Ainsi, le Président refuse trois propositions :

  • Le passage de 130km/h à 110km/h sur l'autoroute. Il propose de "reporter le débat" sur cette question
  • La taxe de 4% sur les dividendes en vue de financer la transition écologique : "c'est réduire notre chance d'attirer des investissements supplémentaires" estime Emmanuel Macron
  • L'inscription de la préservation de l'environnement dans le préambule de la Constitution

A contrario, Emmanuel Macron s'est prononcé pour un moratoire sur les nouvelles zones commerciales en périphérie des villes, et à l'interdiction des vols intérieurs en avion quand le trajet est possible en moins de 2h30 en train.

"Aucun tabou" sur le CETA 

Sur les accords de libre-échange entre l'Union Européenne et d'autres régions du monde, Emmanuel Macron se dit favorable au fait de ne pas négocier avec des pays qui ne sont pas signataires des accords de 2015 de Paris sur le climat. Il a rappelé sa position sur le Mercosur Et sur le CETA, le traité de libre-échange avec le Canada ? Réponse du chef de l'Etat : "Je vous réponds sur le CETA : continuons à évaluer. Je n'ai aucun tabou, et si l'évaluation n'est pas conforme à la trajectoire de Paris, je serai le premier à proposer qu’on l’abandonne."

D'autres conventions citoyennes

Visiblement satisfait de l'exercice, Emmanuel Macron souhaite que d'autres conventions citoyennes soient mises en places à l'avenir : "Vous avez montré qu’il était possible sur un sujet difficile, inflammable même, de créer du consensus, d’avancer dans la concorde et l’apaisement. Je souhaite donc que se créent d’autres conventions citoyennes, sur d’autres sujets", a dit le Président aux 150 membres de la Convention Citoyenne pour le Climat. Pour cela Emmanuel Macron souhaite transformer le Conseil Economique Social et Environnemental en "chambre des conventions citoyennes".

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