Des associations de défense des grands sites classés s'inquiètent : un projet de décret (en consultation publique jusqu'au 20 juin) pourrait, selon elles, faciliter les constructions dans quelques 2 700 sites labellisés en France pour leur "caractère exceptionnel".

Le Mont-Saint-Michel en novembre 2016
Le Mont-Saint-Michel en novembre 2016 © Radio France / Lucie THUILLET

Les volcans d'Auvergne, les Calanques de Marseille, le cirque de Navacelle, le Mont Saint-Michel, la Dune du Pilat, les gorges du Verdon...

Jusqu'à présent, dans ces grands sites classés, toute demande d'autorisation pour un hôtel, un parking, ou des éoliennes est soumise au ministère de l'Environnement à Paris. Le gouvernement veut décentraliser ce pouvoir aux préfets, pour simplifier et accélérer les procédures.

📄 DOCUMENT - Consulter le projet de décret sur le site du gouvernement

Mais cette décision suscite des inquiétudes, notamment dans le Réseau des Grands Sites de France. Sa directrice Soline Archambault rappelle qu'il s'agit des sites "les plus extraordinaires du patrimoine français en termes de paysage". "Si ces autorisations sont déconcentrées au niveau préfectoral, il y a un risque de perdre une vision nationale de ce qui fait la qualité du patrimoine en France."

Des pressions plus fortes au niveau local

Autre crainte : dans ces paysages exceptionnels, qui ne représentent que 2% du territoire mais sont les plus emblématiques d'un point de vue touristique, la pression pour construire des résidences secondaires ou des hôtels est plus forte qu'ailleurs. Si les autorisations sont données au niveau local, il sera plus difficile de résister, estime Stéphane Haussoulier, président du syndicat mixte de la Baie de Somme : "Je suis le premier à râler sur des questions sur lesquelles l'État central donne son avis sur tout... Mais il y a quelquefois où l'État central, c'est utile ! Parce que ça éloigne la décision de l'élu local. Il y a toujours des pressions qui peuvent s'exercer, donc il faut faire attention."

Le ministère de la Transition écologique se veut rassurant : il pourra toujours s'auto-saisir si certaines demandes d'autorisation lui semblent contestables.

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