La moitié des poissons pêchés en France en 2019 sont issus de populations exploitées durablement, selon le dernier bilan de l'IFREMER. Les stocks de thon rouge notamment sont sur la bonne pente. Mais la surpêche touche encore un quart des populations de poissons et certaines espèces sont particulièrement menacées.

les nouvelles sont bonnes concernant le merlu, mais les stocks de  cabillaud et merlan s'effondrent
les nouvelles sont bonnes concernant le merlu, mais les stocks de cabillaud et merlan s'effondrent © Getty / Philip Dowell

Le phénomène le plus inquiétant concerne le cabillaud et le merlan, notamment en Mer du Nord et en Mer Celtique. Selon le dernier bilan de l'Ifremer, l'institut français d'exploitation des ressources de la mer, ces poissons font partie des espèces qui s'effondrent.  Il y a en tout 5% de stocks "dégradés ou effondrés" selon l'institut. Or les pêcheurs ne sont pas les seuls responsables. 

Un facteur important est le "réchauffement climatique" selon Alain Biseau, biologiste des pêches à l'Ifremer. "Le cabillaud est en effet un poisson d'eau froide, explique-t-il, toute augmentation de température a des conséquences négatives sur le développement de ces espèces, et en même temps la pêche continue, ce qui contribue à l'affaiblir". Autrement dit, c'est une "double peine pour le cabillaud".  

Autre catégorie de poissons en danger, les églefins et les maquereaux restent également surpêchés dans l'Océan Atlantique, même si leur situation est moins grave que le cabillaud. 

Des sardines plus petites, qui vivent moins longtemps

Et il y a un autre phénomène préoccupant selon l'Ifremer. Depuis dix ans, la taille des sardines et des anchois diminue, même si les stocks des anchois ne sont pas en nette diminution. Ces poissons ont perdu trois à quatre centimètres. Ils souffrent de la hausse de la température de l'eau, notamment en Méditerranée, et de la mauvaise qualité de leur nourriture. Dans le golfe de Gascogne, leur taille moyenne est ainsi passée de 18 à 14 centimètres avec un poids divisé par deux, et en Méditerranée de 13 à 10 cm pour un poids divisé par trois. 

Pour Martin Huret, chercheur à l'Ifremer à Lorient, "les poissons sont non seulement plus petits mais ils vivent moins longtemps, surtout en Méditerranée". "Aujourd'hui, ajoute-t-il, les pêcheurs ne trouvent que des sardines ou des anchois de un à deux ans, ils n'intéressent plus les conserveurs". Ce phénomène a donc des conséquences sur la filière de la pêche et sur les usines de conserves.  La pêche de sardines en Méditerranée est ainsi passée de 20 000 tonnes en 2008 à 2 000 tonnes actuellement. 

En revanche, bonne nouvelle pour le merlu, un plan d'urgence a permis de redresser la courbe dans l'ensemble de la zone Atlantique, idem pour le lieu noir en Mer du Nord, les coquilles Saint-Jacques de la Manche sont en bon état, les soles et les bars se portent mieux, même si ces poissons restent encore pêchés en trop grande quantité.

Enfin, le thon rouge, en Atlantique et en Méditerranée, après "des mesures de gestion très drastiques" pour limiter la pêche, est "en reconstitution", et la population "remonte de façon très satisfaisante", selon le biologiste Alain Biseau. 

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