Le ministère de la transition écologique lance un plan d'action pour réduire de 50% les émissions de particules fines d'ici 2030. Les cheminées à foyer ouverts des particuliers sont principalement visées.

Les cheminées fermées par une plaque de verre sont désormais à privilégier.
Les cheminées fermées par une plaque de verre sont désormais à privilégier. © Radio France / Elizabeth Badinier

Faire un feu de bois pendant deux heures dans une cheminée à l'ancienne c'est – d'après le ministère de la Transition écologique – l’équivalent de 2 000 km avec un vieux diesel en termes d'émissions de particules fines.

Le gouvernement lance, ce vendredi 23 juillet, un plan d’action avec comme objectif la réduction de moitié de la pollution aux particules fines liée au chauffage au bois d'ici 2030.

Interdiction des foyers ouverts

Dès 2022, les cheminées à foyer ouvert dans les constructions neuves seront interdites. Le décret, publié dans les semaines à venir devrait inciter les Français à mettre un insert avec une vitre dans leur cheminée ou à opter pour un poêle à bois, plus performant.

L’objectif à terme : remplacer près de 600.000 appareils d'ici 2025. Le gouvernement prévoit un coup de pouce financier (MaPrimeRenov), qui viendra s’ajouter à des aides locales pour aider à rembourser l'achat d'appareils neufs.

Au pied du Mont-Blanc : une vallée polluée

Parmi ces aides, on peut citer le fonds Air Bois dans la vallée de l’Arve, au pied du Mont-Blanc, point noir de la qualité de l’air en France. Ce territoire enclavé est particulièrement concerné par cette pollution de l'air lié au trafic routier, mais aussi aux feux de cheminée.

Muriel Auprince est membre de l'association Coll'air pure, un collectif qui se bat pour la qualité de l'air dans la vallée. Elle témoigne des mauvaises pratiques autour d’elle : "On aimerait bien qu’il y ait plus d’information faite aux particuliers : on a tous dans notre quartier des gens qui brûlent des cagettes ou du bois qui est peint, sans faire attention aux vigilances pollution."

Elle est satisfaite du plan et voudrait même aller plus loin :

On aimerait qu’il y ait une police de l’air qui soit installée. Il faut être conscient que chacun est responsable de cette pollution.

Une pollution qui appelle à des mesures : dès cet hiver et jusqu’au 1er janvier, la vallée interdira l'utilisation des cheminées à foyer ouvert.

Un label pour inciter aux bonnes pratiques

Parmi les autres mesures, il y aura l'obligation de ramoner une fois par an et la mise en place d'un label national pour les bûches ou les granulés, le but étant d'inciter les gens qui se chauffent au bois à utiliser un bois non traité et le plus sec possible pour une combustion moins polluantes.

La France doit agir rapidement pour réduire la pollution de l'air, car elle est sous la menace d'une sanction financière importante de l'Europe pour des dépassements réguliers des normes. C’est également un enjeu de santé publique : en France, 40.000 décès par an sont encore attribuables à l'exposition aux particules fines, selon Santé Publique France.