Plusieurs députés dont certains de La République en marche et de la France Insoumise ont participé ce mardi à une campagne de dépistage à Paris pour analyser le taux de glyphosate dans leur organisme.

L'ancienne ministre de l'Écologie Delphine Batho a participé, comme une dizaine d'autres députés, à une campagne de dépistage du glyphosate où elle a déposé plainte contre l'État
L'ancienne ministre de l'Écologie Delphine Batho a participé, comme une dizaine d'autres députés, à une campagne de dépistage du glyphosate où elle a déposé plainte contre l'État © Campagne Glypho 75

Ce mardi, une dizaine de députés étaient près du Canal de l'Ourcq, à Paris pour participer à la Campagne glyphosate Paris. Un dépistage symbolique à la suite d'une initiative citoyenne, qu'ils auraient souhaité réaliser à l'Assemblée, et qui vise à démontrer la présence de glyphosate dans l'ensemble de la population française et pas seulement chez les agriculteurs.

L'ancienne ministre de l'Écologie Delphine Batho est presque déjà une habituée. Mardi matin, la députée et présidente de Génération écologie a fait analyser pour la deuxième fois le taux de glyphosate relevé dans son organisme : "En 2017, le résultat était franchement catastrophique" confie-t-elle au micro de Célia Quilleret : "Dans les semaines d'avant, j'avais mangé beaucoup à l'extérieur donc j'avais peu mangé chez moi, peu mangé bio."

Les résultats des tests d'urine des députés seront connus dans dix jours.
Les résultats des tests d'urine des députés seront connus dans dix jours. / Campagne Glypho 75

Plainte contre l'État pour mise en danger de la vie d'autrui

Les députés dépistés ce mardi matin doivent désormais attendre dix jours pour avoir les résultats des tests. Ils n'étaient pas très nombreux pour ce premier jour, mais ils vont tenter de convaincre leurs collègues de faire, à leur tour, analyser leur urine. En parallèle, ils ont déposé plainte contre l'État, comme l'ont fait plusieurs dizaines de citoyens français, pour mise en danger de la vie d'autrui.

Cette campagne, explique Delphine Batho, a pour objectif de "dire ça suffit" après que le gouvernement a capitulé sur le glyphosate, suite aux pressions des industriels du secteur agroalimentaire : "C'est une façon, pour beaucoup de citoyens, par cette stratégie de harcèlement judiciaire, d'obliger les pouvoirs publics à agir et à protéger la santé, celle des agriculteurs mais aussi celle de toute la population."

Dans le sillage de Delphine Batho, la députée La France Insoumise du Val de Marne, Mathilde Panot, va présenter mercredi à l'Assemblée une proposition de loi pour interdire immédiatement l'herbicide classé "cancérigène probable" en 2015 par l'Organisation mondiale de la Santé.

Lundi était publiée une nouvelle étude à charge contre le glyphosate, montrant un risque accru de lymphome, un cancer du sang, chez les travailleurs exposés à l'herbicide controversé. Pour parvenir à ces conclusions, des chercheuses américaines des université de Washington et Berkeley et d'une école de médecine de New York ont compilé plusieurs études réalisées ces 18 dernières années et se sont appuyés sur les résultats issus d'une cohorte de plus de 50 000 personnes travaillant dans l'agriculture. 

En comparant ces résultats avec des données issues de tests murins (sur des souris), les chercheuses affirment que l'exposition à la molécule augmenterait de 41 % le risque de souffrir de ce cancer.

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