À peine annoncé par le ministre de l’Éducation nationale, le débat sur le climat prévu dans les lycées vendredi de 16h à 18h a déjà du plomb dans l'aile. "Décision qui vient d'en haut", "pour couper l'herbe sous le pieds des jeunes qui ont prévu de manifester vendredi"... Le débat est déjà critiqué de toutes parts.

Les lycéens manifestent pour le climat, comme ici à Paris, mais ils ne sont pas convaincus pour le grand débat organisé sur le sujet dans les lycées.
Les lycéens manifestent pour le climat, comme ici à Paris, mais ils ne sont pas convaincus pour le grand débat organisé sur le sujet dans les lycées. © AFP / JACQUES DEMARTHON

Tout commence dès l'organisation : les établissements ont l'obligation d'organiser un débat sur le climat, mais les proviseurs doivent trouver des professeurs volontaires. Et pour Florence Delannoy, proviseure d'un lycée près de Lille et responsable syndicale du SNPDEN, le syndicat des chefs d'établissements, la mission est difficile : "Ça ne s'est pas bousculé au portillon. Ça va nécessiter encore du temps avant de savoir combien d’enseignants sont réellement volontaires. C'est un peu difficile de prévoir une organisation dans des délais aussi courts. Même si le sujet est effectivement urgent, cette urgence ne nécessitait pas une précipitation à ce point."

Les élèves non plus ne vont pas se bousculer. Cette proviseure prévoit le débat avec une cinquantaine d'élèves seulement, sur 1 300. Dans d'autres établissements, les élèves seront tout simplement absents, comme l'explique Sébastien, professeur dans un lycée professionnel près de Chartres : "Nos élèves sont majoritairement internes et les cours se terminent à 16 heures. Le ministre a proposé d'ouvrir le débat à 16 heures et je pense que les jeunes ne resteront pas : ils vont sauter dans leur train."

D'autant qu'ils sont parfois désabusés ou ont d'autres priorités. "Même s’ils sont très sensibles au climat, aujourd'hui leur préoccupation est de passer le bac", explique le professeur. 

Cette semaine, nous organisons des bacs blancs, comme d'autres établissements. Autant vous dire que pour eux, cette semaine, c'est ça, la priorité. 

"Il n'y a pas d'obligation pour les élèves à participer au débat dans leur lycée" précise le ministère. Cela ne fait aucun doute. Beaucoup d'entre eux préféreront d'ailleurs aller manifester, comme ils le font depuis plusieurs semaines. D'ailleurs, c'est justement le 15 mars, ce vendredi, que la jeune Suédoise Greta Thunberg, figure de proue du mouvement, appelle tous les jeunes du monde à manifester pour un sursaut de leurs aînés sur les questions climatiques.

Et auprès des jeunes, sa voix porte en ce moment bien plus que celle du gouvernement.

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