Le 11 mars 2011, un séisme suivi par un tsunami provoquait la fusion des cœurs de trois des réacteurs de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima Dai-ichi. Huit ans après, les opérations de démantèlement se poursuivent, et sont loin d'être finies.

La centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi et ses centaines de réservoirs d'eau contaminée
La centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi et ses centaines de réservoirs d'eau contaminée © Maxppp / Kyodo

Huit ans après la catastrophe, des centaines de personnes se relaient toujours pour démanteler la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi. Les opérations sont prévues pour durer jusqu'aux environs de 2050 explique Thierry Charles, le directeur adjoint chargé de la sûreté à l'IRSN, l'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.

FRANCE INTER : À quoi ressemble le site de la centrale de Fukushima aujourd'hui ?

Thierry Charles : En huit ans, le site a bien changé. Il y a eu des constructions de bâtiments pour accueillir les personnes qui interviennent avec notamment une cantine, mais aussi des bâtiments pour entreposer les combustibles en bon état qui ont été récupérées dans les bâtiments réacteurs. Il faut surtout entreposer les quantités d'eau très importantes utilisées pour refroidir les réacteurs, et qui se sont accumulées au fil du temps. Il y a aujourd'hui plus d'un million de mètres cubes d'eau stockés après décontamination. C'est d'ailleurs l'un des plus gros problèmes que va devoir gérer Tepco (la compagnie qui gère la centrale) car chaque jour qui passe, ce sont entre 100 et 200 mètres cubes d'eau utilisés en plus qui s'accumulent.

Pourquoi ne peut-on pas rejeter cette eau ?

Cette eau est traitée pour en réduire la radioactivité, mais il n'en reste pas moins qu'elle est encore radioactive, et on ne sait pas quel sera le devenir de ces eaux. Les locaux comme les pêcheurs n'ont pas envie de voir de nouveaux rejets de déchets radioactifs provenir de la centrale. Tepco va devoir trouver une solution pour ces eaux. Ils cherchent donc toutes les solutions possibles pour traiter la radioactivité qui y est encore présente. Mais cette eau contient du tritium, un produit radioactif très difficile à éliminer. La solution la plus logique serait donc d'aboutir à un rejet maîtrisé et contrôlé dans l'environnement. Mais pour cela, il faut que Tepco démontre que cette solution est celle qui serait la plus raisonnable compte tenu des possibilités existantes.

Y-a-t-il d'autres enjeux sur le site ?

Il y a d'abord la reprise des combustibles en bon état qui sont présents dans les piscines associées aux réacteurs. Tepco a commencé à en vider une en 2014. Une autre doit être vidée cette année, et encore deux en 2023. Le dernier enjeu est de récupérer le combustible qui a fondu et qui se trouve au fond des réacteurs. Tepco voudrait démarrer cette opération un peu après 2020, sachant que l'entreprise estime que le démantèlement complet de la centrale prendra 30 à 40 ans.

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