L’alerte est montée au rouge, dans le Var et les Alpes-Maritimes, samedi. Au lendemain d’un épisode de pluie et d’inondations dans le Sud-Est, le spécialiste météo Alix Roumagnac estime que ces précipitations avaient été bien anticipées et que seule une bonne préparation permet d'atténuer la gravité des conséquences.

Des voitures prises au piège de la montée des eaux à Roquebrune-sur-Argens (Var).
Des voitures prises au piège de la montée des eaux à Roquebrune-sur-Argens (Var). © AFP / Valery Hache

La nuit de samedi à dimanche a été agitée, sur la Côte-d’Azur. Avec l’équivalent de deux mois de précipitations tombés en 24 heures, ce week-end a connu un épisode méditerranéen d’une “intensité historique” d’après le préfet du Var. 

À Roquebrune-sur-Argens, commune régulièrement touchée par les inondations, la rivière Argens est montée à plus de sept mètres. Au total, les pompiers sont intervenus plus de 1700 fois et deux hommes sont toujours portés disparus dans le Var, comme le rapporte France Bleu. Si la décrue est amorcée, selon le spécialiste météo et directeur de Prédict Alix Roumagnac, ce type d’épisodes n’a rien d’exceptionnel. Néanmoins, la fréquence à laquelle ils interviennent est de plus en plus rapprochée et ce n’est pas prêt de changer. 

FRANCE INTER : La situation est-elle entrain de s’améliorer dans le Sud-Est ? 

ALIX ROUMAGNAC : "En ce dimanche matin, le paroxysme de l’événement est derrière nous. Il se situait plutôt dans la soirée de samedi à dimanche. Les cours d’eau sont encore en crue, mais ils ont commencé à baisser. On est en contact depuis toute la nuit de vendredi à samedi avec toutes les collectivités du Var et des Alpes-Maritimes, qui ont mis les choses en sécurité. Les consignes sont de patrouiller sur le terrain et de bien vérifier les situations, de demander aux gens de ne rentrer chez eux que lorsque les cours d’eau seront complètement descendus. Avec cet événement pluvieux très fort, nos collègues de Météo France avaient associé une vigilance submersion marine. Par chance aujourd’hui, le vent va s’inverser, la mer va diminuer et laisser les cours d’eau diminuer. Ça risque de prendre du temps, car les précipitations ont été importantes : il y a de très gros volumes, la décrue va être lente et durer peut-être jusqu’à lundi. "

Aviez-vous senti ou avez-vous été surpris par l’ampleur de ces précipitations ?

"Cette situation avait été très bien prévue par les modèles de Météo France. Dès vendredi et samedi, les échanges avec les collectivités et services de secours ont été très intenses. Ce que l’on peut noter, c’est la mobilisation exemplaires des collectivités et une démarche concertée des services de l’État et des communes concernées. C’est ce qui explique, malgré l’importance de l’événement car tous les cours d’eau ont connu des crues records, que l’on peut arriver à sortir de cette situation avec un bilan plutôt modéré."

Ces phénomènes touchent-ils plus régulièrement et plus fortement le littoral sud du pays ?

"Malheureusement, avec le recul et le suivi sur 15 ans, les archives, on observe une fréquence plus importante et une intensité plus forte des événements. Le travail que l’on mène avec Météo France montre que cette tendance va se poursuivre et augmenter. Lorsque l’on parle de changement climatique, on utilise en général le futur mais ce que l’on peut dire aujourd’hui c’est que l’on est déjà dans les conséquences de ce changement climatique. Ces dernières années, on observe une fréquence des gravités plus importante des événements, qui combinées à l’urbanisation par exemple, rendent les conséquences assez fortes. Il n’y a que les bonnes attitudes et l’anticipation qui doivent permettre de faire diminuer les conséquences de ces événements."

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