À travers l'analyse d'images satellites, des chercheurs alertent dans une publication sur le rythme de récolte du bois, notamment dans les pays scandinaves.

Un exploitant forestier en Finlande, l'un des pays où l'abattage des arbres a fortement augmenté entre 2016 et 2018.
Un exploitant forestier en Finlande, l'un des pays où l'abattage des arbres a fortement augmenté entre 2016 et 2018. © AFP / TIINA & GEIR

ll y a eu une forte hausse du nombre d’arbres coupés dans les forêts européennes depuis 2015. C’est la conclusion d’une étude publiée mercredi par une équipe de chercheurs dans Nature, revue de référence dans la communauté scientifique. Sept chercheurs y révèlent ainsi que l’abattage d’arbres en Europe s’est intensifié de 49% durant la période 2016-2018, par rapport à la période 2011-2015. La perte de biomasse (la quantité de matière vivante) s’est aussi accélérée de 69%.

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe a analysé les images satellites des surfaces forestières dans vingt-six pays de l’Union européenne. Ces images passées au peigne fin proviennent de la base de données "Global Forest Change", qui inclut tous les arbres hauts de cinq mètres ou plus.

Les pays scandinaves particulièrement concernés

L'abattage des arbres a été particulièrement marqué en Suède et en Finlande. Des territoires qui ont historiquement des industries forestières importantes, explique pour le magazine New Scientist Grégory Duveiller, l’un des chercheurs qui a contribué à l’étude, aussi membre du Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne. L’intensification du déboisement s’explique en outre du fait que dans les deux pays, des parcelles de forêts utilisées pour la production de combustible sont arrivées à maturité entre 2016 et 2018, et ont ainsi été récoltées. 

Le rythme de l’abattage des arbres s’est aussi particulièrement accéléré dans la péninsule ibérique et les pays baltes. Et en février dernier, c’est la Roumanie qui a été épinglée par L’Union européenne. Bruxelles a ouvert une procédure d'infraction à l’encontre du pays tout en le menaçant de sanctions financières. La Roumanie est en effet accusée depuis des années de fermer les yeux sur le fléau du déboisement illégal de ses forêts.

Difficile d'identifier les causes

Selon les scientifiques, une explication possible de ce déboisement accéléré pourrait être la hausse de la demande de produits à base de bois, comme les meubles, même si "un lien de cause à effet reste difficile à prouver et à quantifier." Difficile aussi, soulignent les chercheurs, de déterminer si le taux de croissance des arbres nouvellement plantés permet de compenser les coupes.

Les chercheurs alertent : "Si le taux de récolte du bois se poursuit à ce rythme, il faudra, pour atteindre un bilan carbone neutre d’ici 2050, obtenir d’autres secteurs des réductions d’émissions, venant compenser le manque à gagner en matière de stockage du CO2."

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