L'avion est en tête du classement des modes de transport les plus polluants. Pour tenter de lutter contre le réchauffement climatique et surtout contre une possible baisse du trafic, Air France a décidé compenser à partir du 1er janvier, les émissions de CO2 de ses vols intérieurs

Pour verdir ses voyages, Air France s'engage à partir du 1er janvier 2020 à compenser les émissions de CO2 de tous ses vols intérieurs en France
Pour verdir ses voyages, Air France s'engage à partir du 1er janvier 2020 à compenser les émissions de CO2 de tous ses vols intérieurs en France © Getty / leonard_c

C'est l'un des mots de l'année 2019, un mot suédois : le "flygskam", la honte de prendre l'avion à cause de son impact sur le réchauffement climatique. Les compagnies aériennes s'inquiètent de cette nouvelle tendance et promettent de verdir les voyages. 

Ainsi Air France s'engage, à partir du 1er janvier 2020, à compenser les émissions de CO2 de tous ses vols intérieurs en France.

Les écolos peuvent-ils désormais prendre l'avion la conscience tranquille ? 

Air France s'engage certes à compenser les émissions de CO2 des quelque 57 000 voyageurs qui empruntent chaque jour l'un de ses 450 vols intérieurs - et seulement ceux-la - mais elle ne communique pas la quantité de CO2 totale que cela représente.

Pour effectuer cette compensation, la compagnie va financer par exemple des programmes pour la préservation des forêts primaires, la plus connue étant la forêt amazonienne, la plantation de millions d'arbres pour absorber le CO2 ou des projets d'énergie renouvelables qui évitent des émissions de gaz à effet de serre. 

"Les programmes de compensation carbone se tiendront en Amérique latine, au Brésil au Pérou au Kenya et en Asie, explique Arnaud Doré, l'un de ses responsables d'EcoAct, la société qu'Air France a chargé du projet. Il précise que "tous les projets de compensation carbone seront auditée par des tiers externes à Air France, mais externes aussi à EcoAct, pour garantir l'intégrité environnementale du projet." Ce seront également des tiers qui inscriront les crédits carbone dans des registres externes, "pour éviter tout double comptage, par exemple"

La compagnie Easy jet promet, elle aussi, aussi de compenser les émissions de tous ses vols. British Airways et Iberia se sont engagées à compenser tous leurs vols intérieurs à partir de 2020.

La compensation, un principe qui ne fait pas l'unanimité

Comment vérifier, comptabiliser, surveiller cette compensation carbone parfois à l'autre bout du monde et ceci même avec des labels ? 

Pour l'association les Amis de la Terre, c'est juste une façon de se dédouaner. "Cette idée de compensation carbone, via notamment la plantation d'arbres, comme annoncé par Air France, c'est une sorte de grande illusion", explique l'une de ses porte-paroles, Anne-Laure Sablé. Il n'y a aucune chance que des actions de plantation d'arbres viennent pallier la pollution générée par les avions. On sait que la pollution des avions elle est immédiate, contrairement à la séquestration du carbone par les par les arbres"

Mieux vaut ne pas émettre que de compenser, insiste Anne-Laure Sablé "Le GIEC est clair : il ne s'agit pas aujourd'hui de compenser, mais de réduire de façon drastique nos émissions."

Air France mise beaucoup sur l'éco-pilotage et sur une nouvelle flotte d'avions moins gourmands en carburant pour réduire ce bilan carbone (exemple les A218 et A319 remplacés par des A220), mais aujourd'hui, selon les calculs de l'Adème, un Orly-Nice en avion c'est 86 kilos de CO2 équivalent par passager contre 2,1 en TGV

La compagnie ferroviaire Eurostar, s'y met elle aussi et promet de planter un arbre à chaque fois qu'un train traverse la Manche pour compenser une partie de ses émissions de CO2.

POUR EN SAVOIR PLUS 

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