Les efforts déployés dans le monde en matière de santé, d'éducation, de développement, pour améliorer l'avenir des enfants ne suffiront pas si rien n'est fait face à l'urgence climatique, prévient une commission mandatée par l'Unicef et l'Organisation mondiale de la santé.

 Si le réchauffement climatique s'élève de 4°C d'ici à 2100, la malnutrition, la prolifération de maladies telles que le paludisme ou la dengue risquent de faire des ravages chez les enfants
Si le réchauffement climatique s'élève de 4°C d'ici à 2100, la malnutrition, la prolifération de maladies telles que le paludisme ou la dengue risquent de faire des ravages chez les enfants © Getty / Guido Dingemans, De Eindredactie

Le constat est sans appel. "Chaque enfant dans le monde est désormais confronté aux menaces existentielles que représentent les changements climatiques et les pressions commerciales", avertissent les auteurs d'un rapport publié ce mercredi et issu des travaux d'une commission créée par l'Organisation mondiale de la santé, l'Unicef, et la revue scientifique The Lancet. "Malgré des améliorations pour la santé de l'enfant et de l'adolescent au cours des vingt dernières années, les progrès stagnent et devraient s'inverser", prédit l'ex-Première ministre néo-zélandaise et présidente de la commission Helen Clark. 

Un nouveau critère pris en compte : les émissions de CO2

En passant au crible 180 pays pour comparer leurs résultats en matière d'épanouissement de l'enfant, les experts ont décidé d'ajouter aux critères habituels d'évaluation (nutrition, éducation, santé, etc) un nouveau paramètre : celui de la durabilité, autrement dit un indicateur relatif aux émissions de gaz à effet de serre. 

Ils montrent qu'aucun pays ne protège de façon appropriée la santé des enfants, leur environnement et leur avenir, les émissions excessives de carbone des pays les plus riches étant une menace pour l'ensemble de la planète. Si la température moyenne globale de la planète s'élève de 4°C à la fin du siècle, outre les catastrophes naturelles d'une ampleur exceptionnelle, la malnutrition, la prolifération de maladies telles que le paludisme ou la dengue risquent de faire des ravages chez les populations infantiles, notent les membres de la commission. 

La France à la 130e place 

Parmi les pays où les enfants ont les meilleures chances de survie et de bien-être figurent la Norvège, la Corée du sud, les Pays-Bas, la France suivie de l'Irlande et le Danemark. Mais la prise en compte des émissions de CO2 par habitant bouleverse le classement. La Norvège chute à la 156e place, la Corée du sud à la 166e, et la France (dont les émissions sont actuellement deux fois supérieures à l'objectif fixé pour 2030) au 130e rang. Les États-Unis, l'Australie et l'Arabie saoudite font partie des pires émetteurs de CO2. 

Les seuls pays qui sont à la fois sur la bonne voie dans la lutte contre le réchauffement climatique et qui présentent de bon résultats en matière de mesures pour la santé et l'épanouissement de l'enfant sont l'Albanie, l'Arménie, la Grenade, la Jordanie, la Moldavie, le Sri Lanka, la Tunisie et le Vietnam. 

"Promouvoir de meilleurs conditions aujourd'hui pour mettre aux enfants de vivre et s'épanouir au niveau national ne doit pas se faire au détriment de l'avenir des enfants à l'échelle mondiale", insistent les auteurs du rapport, qui appellent les États à placer les enfants "au cœur de nos efforts pour parvenir à un développement durable"

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