Les incendies ravagent la forêt amazonienne, la plus vaste forêt tropicale de la planète qui produit 20 % de notre oxygène. Les feux de forêt ont augmenté de 83% en raison des effets conjugués de la déforestation et de la sécheresse. Le point sur la situation et les causes de ce désastre.

Les feux de forêt ont augmenté de 83% en raison des effets conjugués de la déforestation et de la sécheresse.
Les feux de forêt ont augmenté de 83% en raison des effets conjugués de la déforestation et de la sécheresse. © AFP / Lauren Dauphin

Le Brésil, qui possède 60 % de la surface de la forêt amazonienne, se bat contre d'énormes incendies depuis quelques mois. Ces feux de forêts en Amazonie, surnommée "le poumon verre de la planète", inquiètent énormément les ONG, les politiques et les internautes. 

L'Agence spatiale brésilienne a répertorié près de 73 000 feux dans la forêt amazonienne depuis le début de l'année, ce qui représente une hausse de 84 % par rapport à la même période l'année précédente. Un triste record pour l'agence qui collecte les données depuis 2013.

Les incendies toujours actifs en Amazonie le 22 août
Les incendies toujours actifs en Amazonie le 22 août © AFP / JEAN-MICHEL CORNU, CECILIA SANCHEZ

Les réactions politiques face au drame

Pour pour Jair Bolsonaro, Président du Brésil, ce n'est pas la faute du pays. Il accuse à la fois les ONG et la sécheresse d'être à l'origine de ces incendies. Il assure que les ONG ont volontairement mis le feu à la forêt amazonienne, les politiques du monde entier s'alarment de l'ampleur de ces incendies. 

Le G7 n'a pas encore débuté mais Emmanuel Macron tout comme la chancelière allemande Angela Merkel, demandent à ce que cette "crise internationale" soit abordée de toute "urgence" pendant le week-end. 

Mais ce n'est pas l'avis de Jair Bolsonaro qui accuse le président français de s’immiscer dans les affaires brésiliennes et amazoniennes "sans la participation de la région [concernée]", ce qui "évoque une mentalité colonialiste dépassée au 21 ème siècle". 

Pour le président brésilien, les seuls responsables restent les ONG qui "perdent de l'argent", et qui "n'ont plus d'emplois et essaient de me renverser" assure Jair Bolsonaro.

"La déforestation explique la majorité des incendies"

Pourtant Paulo Moutinho, chercheur à l'Institut de recherche environnementale sur l'Amazonie, affirme à l’AFP que si le nombre d’incendies est en très forte hausse en Amazonie brésilienne, c'est avant tout lié à la progression de la déforestation. Dans son rapport, l'Agence spatiale brésilienne, a étudié qu'en une année, la déforestation a augmenté de 67 % dans le pays.

Le chercheur dément l’argumentaire du président brésilien. Il assure notamment qu'en 2019, dans la zone, la sécheresse n'a pas été aussi forte que les années précédentes. Il le confirme, si le sol avait été plus sec, les incendies auraient été encore plus ravageurs. 

Pour le chercheur, il faut surtout alerter la population brésilienne de la dangerosité de ces incendies puisqu'ils en sont les auteurs. "En Amazonie, le _feu est utilisé pour nettoyer des zones déjà déforestées_, pour ensuite ouvrir des pistes". 

Depuis des décennies, les agriculteurs utilisent cette technique "pour préparer la terre à la culture". Même si des zones qui n'étaient pas censées brûlées sont parfois attaquées par les flammes. Généralement ces incendies volontaires s'éteignaient la plupart du temps "grâce aux pluies ou sont stoppés par l’intense végétation".

Mais cette année, le feu ne s'est pas arrêté

Quelles conséquences pour le pays ? 

D'après des chercheurs, les dégâts de ces incendies pourraient avoir des répercussions sur plusieurs décennies. Les arbres sont les premiers visés puisqu'il faudra plusieurs dizaine d'années pour retrouver une végétation similaire à celle partie en fumée. 

Pour le chercheur, les plus grosses conséquences de ces incendies vont se ressentir par "_l’_appauvrissement de la biodiversité et de la fonction des forêts qui fournissent des nuages à l'atmosphère pour produire la pluie". Ce qui peu aussi entraîner des risques pour la population surtout d'un point de vue sanitaire puisque "les fumées ont de graves conséquences sur la population au niveau respiratoire.

La ville de Sao Paulo s'est retrouvée sous des nuages noires et des pluies qui contenaient des résidus des incendies
La ville de Sao Paulo s'est retrouvée sous des nuages noires et des pluies qui contenaient des résidus des incendies © AFP / ANDRE LUCAS / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE

Au total, la zone déforestée en Amazonie représente la surface de la France. Une perte énorme qui représente 20 % du "poumon vert de la planète". Pour Paulo Moutinho, "l'effondrement fonctionnel de la forêt" peut encore être éviter. 

Des solutions doivent rapidement être trouvées tout en prenant en compte que "la dégradation de la forêt ne vient pas seulement de la déforestation" mais aussi d'autres facteurs comme le "changement climatique". 

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