Quinze chaînes de restauration rapide ont promis de mieux trier leurs déchets. Cinq ans après, les résultats ne sont pas bons pour certaines enseignes. La ministre de la Transition écologique les nomme.

La ministre de la transition écologique Barbara Pompili, le 20 juin 2020.
La ministre de la transition écologique Barbara Pompili, le 20 juin 2020. © AFP / Elko Hirsch

La pratique s’appelle le "name and shame", "nommer pour faire honte", une mise au pilori d’une certaine manière. Barbara Pompili publie ce jeudi 1er juillet la liste des mauvais élèves du tri des déchets. Depuis juillet 2016, les enseignes de la restauration rapide ont l’obligation de trier cinq types de déchets. Le papier/carton, le métal, le plastique, le verre et le bois. Ça s’appelle le "tri cinq flux", et c’est l’étape indispensable pour pouvoir recycler. 

Seules trois entreprises jouent le jeu

Trop souvent, tous les déchets et emballages partent dans la même poubelle. Une première fois rappelées à l'ordre en 2019, 16 chaînes de fast-food avaient signé une charte d'engagements, comme Subway, Class’Croute, Jour Healthy Groupe, Pomme de Pain, La Mie câline, La Croissanterie, Exki, Paul, Five Guys ou encore Cojean. Ils représentent trente mille points de vente en France et servent près de six milliards de repas chaque année.

Aujourd'hui, seules trois respectent leurs promesses, c’est-à-dire qu’elles trient plus de 90% de leurs déchets, d'après un bilan d'étape publié par la ministre de la transition écologique Barbara Pompili. Très clairement, elle veut mettre un coup de pression : "Seulement trois enseignes respectent les règles dans ce pays : Cojean, Burger King et Subway. La plupart des entreprises ne respectent pas, elles sont juste à la limite." Il y a par exemple Five Guys qui est à 16% de tri. McDonald’s fait également partie des enseignes qui ne respectent pas le tri cinq flux.

Une liste publiée par le ministère

La liste des bons et des mauvais élèves est publiée sur le site du ministère de la Transition écologique. Une mauvaise publicité pour ces enseignes, dont certaines dépensent des millions en communication chaque année. Barbara Pompili fait aussi peser la menace de contrôle dans ces restaurants dans les prochains mois.

Le tableau publié par le ministère de la Transition écologique.
Le tableau publié par le ministère de la Transition écologique. / *
Le tableau publié par le ministère de la Transition écologique.
Le tableau publié par le ministère de la Transition écologique. / *

McDonald's France a d'ailleurs réagi, assurant ne pas connaître "le chiffre de 57,8 % qui est indiqué dans la communication du ministère de la Transition écologique". "Dans la dernière déclaration adressée au ministère, fondée sur un décompte réalisé au 30 juin 2021, nous avons précisé que plus de 72% des restaurants McDonald’s proposaient de façon effective le tri en salle, la collecte et le recyclage des emballages issus du service en salle. Cela représente 1 073 restaurants, soit bien plus que le nombre de restaurants des 6 premières enseignes du classement du ministère réunies. L’intégralité des autres restaurants McDonald’s ont par ailleurs engagé le processus de mise en place du tri de façon effective", assure l'entreprise, qui demande "un correctif" au ministère.

L'enseigne Paul conteste également les chiffres du ministère, estimant qu'ils ne sont pas à jour et que l'entreprise recycle aujourd'hui 85 % de ses déchets.

Par ailleurs, la ministre de la Transition écologique a également annoncé ce jeudi 1er juillet l'interdiction en France des boîtes à kebab en polystyrène. Ils ne pouvaient plus être autorisés depuis le 1er janvier, mais ces emballages bénéficiaient d'une tolérance jusqu'à l'épuisement des stocks. La matière "prend mille ans à se détruire dans l’environnement", affirme Barbara Pompili.