C'est dix fois plus que les accidents de la route. Un rapport de la Cour des comptes européenne établit que la directive européenne sur l'air adoptée il y a dix ans n'est pas efficace.

Dans certains pays européens la pollution atmostphérique fait plus de dégâts sur la santé qu'en Chine
Dans certains pays européens la pollution atmostphérique fait plus de dégâts sur la santé qu'en Chine © AFP / GERARD JULIEN

La plupart des états européens ne respectent pas les normes de pollution de l'air. Ils sont censés mettre en place des plans d'action pour revenir dans les clous. Mais la Commission a beau menacer, rien n'y fait.  

La France fait d'ailleurs partie des mauvais élèves. Elle est renvoyée devant la Cour de justice européenne pour dépassement des seuils autorisés pour le dioxyde d'azote, le polluant qui sort surtout de nos pots d'échappement.   

Les normes européennes sont moins strictes que celles fixées par l'Organisation Mondiale de la Santé. 

Pour le dioxyde de soufre, polluant industriel, la valeur limite par jour arrêté par l'Union européenne est six fois supérieure à ce que recommande l'OMS. 

L'Europe fixe des seuils annuels pour les émissions de particules fines. Or c'est surtout le chauffage l'hiver qui est responsable de cette pollution. 

Aujourd'hui,  un  rapport de la Cour des comptes européenne  établit  que la directive européenne sur l'air adoptée il y a dix n'est pas efficace. C'est pourtant l'outil principal de l'Europe pour garantir la qualité de l'air que l'on respire. 

Le rapport recommande un grand toilettage de cette directive.

"Au cours des dernières décennies, les politiques de l'UE ont contribué à faire diminuer les émissions, mais la qualité de l'air ne s'est pas améliorée au même rythme, et les effets sur la santé publique restent considérables", a commenté Janusz Wojciechowski, responsable du rapport au sein de la Cour.  

Des morts prématurés

Selon des données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution atmosphérique est le principal facteur environnemental de risque sanitaire dans l'UE, où elle provoque chaque année quelque 400.000 décès prématurés.  

Dans des pays comme la Bulgarie ou la Hongrie, le nombre moyen d'années en bonne santé perdues à cause de la pollution atmosphérique est supérieur à celui constaté en Chine ou en Inde. 

Des pays pris en défaut

En mai, la Commission européenne a décidé de renvoyer six Etats membres devant la justice, après des mises en gardes infructueuses depuis 2005.  Elle reproche à l'Allemagne, à la France et au Royaume-Uni de ne pas respecter les limites fixées pour les émissions de dioxyde d'azote (NO2), qui s'échappent des pots d'échappement et étouffent les agglomérations congestionnées.  

La Hongrie, l'Italie et la Roumanie sont elles mises en cause pour la présence élevée et persistante de particules fines (PM10), ces matières (poussière, fumée, suie, pollen) présentes dans l'air dont la concentration est aggravée par la pollution.

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