Posée sur son caisson flottant en béton et haute de 60 mètres, la première éolienne offshore française a été installée le 18 septembre dernier au large du Croisic, en Loire-Atlantique. Et elle produit déjà de l’électricité.

L'éolienne "Floatgen", la première éolienne offshore installée en France, au large du Croisic.
L'éolienne "Floatgen", la première éolienne offshore installée en France, au large du Croisic. © AFP / SEBASTIEN SALOM GOMIS

Elle s’appelle "Floatgen" et c’est à terre, à Saint-Nazaire, qu’elle a vu le jour. Après une année de construction, la première éolienne offshore de France est installée à une vingtaine de kilomètres des côtes, au large du Croisic depuis deux semaines. De la plage on ne la voit pas et il faut une demi-heure de navigation pour l'approcher, rapporte France Bleu Loire Océan.

Une éolienne et de l’électricité pour 5 000 personnes

Haut de 60 mètres, ce prototype de deux mégawatts repose sur un caisson flottant en béton, maintenu en place par six câbles en nylon. Il peut résister à des vagues de 16 mètres de haut. Grâce à ses trois immenses pales, il produit déjà de l’électricité et peut fournir l'équivalent en électricité pour la consommation de 5 000 personnes. 

L'éolienne est reliée au réseau électrique du Croisic, par un câble enfoui dans les fonds marins. Conçue par une start-up de la Ciotat, Idéol, le projet a également reçu le soutien de l'Ecole Centrale de Nantes et de cinq autres partenaires, car l’investissement total est de 25 millions d'euros. L'éolienne devrait au minimum fonctionner deux ans., avant un retour d'expérience.

La France très en retard sur l’éolien offshore

En mer, le vent souffle deux fois plus qu’à terre. Les éoliennes offshore sont donc plus productives et rentables. Pour autant, "Floatgen" est la première installée dans les eaux françaises. Un retard colossal en comparaison avec certains pays du nord de l’Europe. Plus de 4 000 éoliennes sont installées en mer du Nord, posées sur des fondations dans les fonds marins.

"L'éolien flottant va permettre à la France de rattraper son retard en passant directement à l'étape suivante"  
- Paul de la Guérivière, PDG d'Ideol

L'éolien flottant (maintenu en place grâce à des câbles et des ancres), compte huit démonstrateurs dans le monde, dont "Floatgen". L'avantage est clair : aucune contrainte de profondeur, ni de qualité du sol. En Méditerranée, où les profondeurs sont importantes, un réel potentiel existe.

Pour Paul de la Guérivière, PDG d'Ideol, c’est maintenant à l’Etat de lancer rapidement des appels d’offres pour des champs d’éoliennes. "La France a encore une chance de devenir l'un des leaders mondiaux de l'éolien flottant mais il y a urgence, explique-t-il au micro de France Bleu Loire Océan. Des projets sont en cours en Corée, au Japon, en Californie. Il y a une vraie concurrence mondiale". 

Quatre projets de fermes pilotes ont déjà été attribués par le gouvernement fin 2016, trois en mer Méditerranée et un en Bretagne.

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