Les écologistes ont manifesté leur colère après l'annonce de la réautorisation lundi, en Chine, de vente de produits issus du tigre et du rhinocéros. Pour ces défenseurs des animaux, le braconnage pourrait utiliser le commerce légal comme couverture.

Certaines espèces de rhinocéros ne comptent plus que quelques milliers de spécimens
Certaines espèces de rhinocéros ne comptent plus que quelques milliers de spécimens © AFP / Britta Pedersen

L'os de tigre et la corne de rhinocéros vont de nouveau être commercialisés légalement en Chine, au grand dam des défenseurs de la nature qui qualifient la décision "d'arrêt de mort" pour ces espèces en danger.

La circulaire signée par le Premier ministre chinois, Li Keqiang, précise que la vente de produits issus de ces animaux se fera selon des circonstances particulières, à savoir dans le cadre de recherches scientifiques, de vente d'œuvres d'art mais aussi pour "la recherche et les traitements médicaux", sous réserve de détenir une autorisation spéciale, délivrée par des médecins exerçant dans des hôpitaux reconnus par l'Administration nationale chinoise de médecine traditionnelle. Enfin, les produits ne doivent provenir que d'animaux en captivité, indique le gouvernement.

Pékin prévoit un "strict" contrôle des volumes commerciaux et maintient l'interdiction de commerce pour tous les autres cas, en vigueur depuis 1193.

Crainte d'une filière de blanchiment du braconnage

Les mouvements écologiques se montrent peu confiants face à cette réouverture partielle du commerce. Depuis l'interdiction de 1993, un marché noir a pris la place du commerce légal, des produits de contrebande circulant sur le marché chinois en provenance notamment du Vietnam. Les promesses de contrôle ne suffisent pas à rassurer les écologistes, qui craignent un accroissement de la menace sur les tigres et les rhinocéros sauvages.

Dans son rapport biennal Planète vivante, publié ce mardi, WWF s'alarme de la disparition de "60 % des populations d'animaux sauvages sur Terre" en 44 ans. L'ONG rappelle aussi que le braconnage et le commerce illégal entraînent la mort de trois éléphants par heure, deux tigres par semaine et trois rhinocéros par jour.

Et c'est ce braconnage qui est craint, car un commerce légal pourrait lui servir de couverture. Plusieurs associations et militants de la cause animale alertent sur la création d'une filière de "blanchiment" de produits clandestins, à l'instar de Iris Ho, responsable de l'association Humane society international à Washington.

Propriétés médicales controversées

Si le tigre et le rhinocéros sont menacés, c'est en raison de propriétés médicales controversées de leurs os, cornes, griffes et autres parties du corps, notamment des pouvoirs aphrodisiaques ou des vertus curatives contre le cancer, qui génèrent une forte demande en Chine.

Le tigre est classé dans la catégorie des espèces en danger d'extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le nombre de tigres élevés en captivité en Chine a fortement augmenté ces dernières années : on en compte aujourd'hui plus de 6 000, alors que la planète n'abriterait plus au total qu'un peu plus de 3 000 individus en liberté. 

© AFP / Vincent LEFAI, Gal ROMA, Laurence CHU

Quant aux différentes espèces de rhinocéros, l'UICN les classe en catégories "vulnérable", "quasi-menacée" ou "en danger critique d'extinction". C'est le cas du rhinocéros noir, qui comptait encore 100 000 spécimens en Afrique en 1960.

© AFP / Valentina BRESCHI, Vincent LEFAI, Kun TIAN
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