Le Cameroun a un objectif, planter deux millions d'arbres par an pour lutter contre la déforestation. La deuxième plus grande forêt du monde après l'Amazonie sait qu'elle a un rôle à jouer sur la scène mondiale, mais pas question que ce soit au détriment de l'agriculture et du développement.

Ces femmes cultivent et récoltent les fruits des arbres plantés à Bangangté.
Ces femmes cultivent et récoltent les fruits des arbres plantés à Bangangté. © Radio France / Célia Quilleret

Episode 1 : Une école pour protéger la forêt au lieu de la détruire

Pour la protéger, il faut déjà apprendre à préserver les arbres, pour cela l'école nationale des eaux et forêts se réforme, elle devient une école de préservation de la forêt.
Cette école se situe à Mbalmayo, au sud de la capitale Yaoundé et dans cette école il n'y a pas seulement des salles de classe mais surtout une grande forêt avec une centaine d'espèces d'arbres, une pépinière, des essences différentes.

Cet enseignant botaniste montre que l'écorce de cet arbre à été arrachée par des villageois dans la nuit.
Cet enseignant botaniste montre que l'écorce de cet arbre à été arrachée par des villageois dans la nuit. © Radio France / Célia Quilleret

L'école en question qui forme 250 étudiants chaque année change de dogme, elle veut apprendre aux jeunes à protéger les arbres au lieu de les détruire ! C'est un virage à 180 degrés, elle ne veut plus être simplement une école de bûcherons qui prépare les hommes à couper les arbres pour vendre et exporter du bois dans le monde entier, aujourd'hui c'est une école de protection de la forêt, et elle prépare les jeunes à de nouveaux métiers : pépiniéristes, prospecteurs de nouveaux arbres, analystes d'images satellites, calculateurs de CO2 pour savoir ce que la forêt peut stocker comme carbone, surveillance du territoire. Une véritable révolution qui en dit long sur cette transition climatique que vit le pays.

Ces deux jeunes femmes que l'on entend dans le reportage sortent tout juste de l'école nationale des eaux et forêts.  Elles veulent être de futures "gardiennes de la forêt" pour la préserver.
Ces deux jeunes femmes que l'on entend dans le reportage sortent tout juste de l'école nationale des eaux et forêts. Elles veulent être de futures "gardiennes de la forêt" pour la préserver. © Radio France / Célia Quilleret

30% des élèves sont des jeunes femmes, des futures gardiennes de leur forêt, mais ce n'est pas toujours facile de trouver du travail au Cameroun. Il y a à peine plus de 50% d'insertion, elles multiplient donc souvent les petits boulots en attendant un meilleur poste. La reconversion de l'école prépare l'avenir du pays, même si l'industrie du bois reste très juteuse, et demeure un des secteurs clés au Cameroun.

4 min

Une école pour protéger la forêt au lieu de la détruire

Par Célia Quilleret
Ce grumier aperçu sur la route du sud entre Yaoundé et Douala s'apprête à livrer du bois au port direction la Chine.
Ce grumier aperçu sur la route du sud entre Yaoundé et Douala s'apprête à livrer du bois au port direction la Chine. © Radio France / Célia Quilleret

Episode 2 : Sur les hauts plateaux de l'ouest, des maires se battent pour reboiser 

Dans certaines communes de l'ouest du pays, ce sont les maires qui prennent les choses en main. Ils choisissent de replanter des arbres par milliers pour protéger cette forêt immense du bassin du Congo. 

Dans cette réserve de Bapou Bana les élus ont planté des milliers d'eucalyptus
Dans cette réserve de Bapou Bana les élus ont planté des milliers d'eucalyptus © Radio France / Célia Quilleret

C'est un véritable défi, car il faut planter, surveiller ces arbres pendant des années, et convaincre les agriculteurs et les éleveurs de ne pas défricher.

Les maires reboisent en plantant des arbres fruitiers. Ici des safoutiers dans des champs de maïs
Les maires reboisent en plantant des arbres fruitiers. Ici des safoutiers dans des champs de maïs © Radio France / Célia Quilleret

A Tonga et Bangangté, sur les hauts plateaux de l'ouest du Cameroun, la terre est rouge, volcanique, les montagnes sont vertes, la forêt est encore assez préservée mais elle est taillée tout de même par endroits, les villageois coupent du bois pour se chauffer, pour cultiver leurs champs.
Les éleveurs nomades, des Peuls, se déplacent avec leurs troupeaux et défrichent parfois, pour laisser passer leurs bêtes et les nourrir. Mais à Bangangté, c'est différent, les maires essaient de réconcilier tout le monde, pour le bien des arbres et du climat ce qui en devient presque un sacerdoce.

Éleveurs peuls à Bapou Bana
Éleveurs peuls à Bapou Bana © Radio France / Célia Quilleret
4 min

Sur les hauts plateaux de l'ouest, des maires se battent pour reboiser

Par Célia Quilleret

Les agriculteurs et les éleveurs peuvent-ils vivre sans détruire la forêt ?

Si les agriculteurs ont suffisamment pour vivre, ils n’abattront pas les arbres.

Idem pour les éleveurs peuls, si les maires des communes mettent des pâturages à disposition de ces peuples nomades, ils n'auront plus besoin de défricher.

Mais c'est un investissement pour les maires et à Bangangté, 500 personnes sont mobilisées pour planter 200 000 arbres. Les communes sont aidées financièrement par des bailleurs de fonds comme l'agence française de développement et elles ont besoin de plus d'aide.

Finalement, certains Etats peuvent se targuer sur la scène internationale de planter des millions d'arbres pour sauver la planète, mais cela prend du temps et en attendant, la déforestation massive continue de ravager ce joyau camerounais.

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