Selon une ONG anglaise, les émissions de CO2 dans le monde pourraient chuter de 4 % en 2020 par rapport à l'an dernier. Une baisse historique, mais dont il ne faut pas se réjouir trop vite : ces réductions seront pour la plupart temporaires.

A Mexico, l'une des villes les plus polluées du monde, l'air semble redevenir respirable
A Mexico, l'une des villes les plus polluées du monde, l'air semble redevenir respirable © AFP / ALFREDO ESTRELLA

Usines à l'arrêt, routes quasi-désertes, avions cloués au sol. La paralysie actuelle devrait se traduire par une baisse des émissions en 2020 de l'ordre de 1,6 milliard de tonnes équivalent CO2 : c'est à peu près quatre fois les émissions annuelles de la France. Selon le site internet anglais  Carbon Brief, qui a publié vendredi ces estimations, cela représenterait une baisse de 4% en 2020 par rapport à l'année précédente.  

Un changement temporaire

Pour parvenir à ce résultat, Carbon Brief a analysé les données disponibles pour les plus gros pays pollueurs, comme la Chine, les États-Unis, l'Inde, l'Europe et le secteur pétrolier. Son étude couvre ainsi environ les trois quarts des émissions mondiales. 

Si cette estimation se confirme, ce sera la plus grosse diminution annuelle d'émissions de CO2 jamais enregistrée. Mais pas question de s'en réjouir : "La grande majorité des réductions de CO2 attendues cette année sont temporaires", selon Simon Ewans, porte-parole de Carbon Brief.

Des réductions encore plus importantes nécessaires

"Dès que la crise sera passée, les avions vont décoller à nouveau, les gens vont reprendre leurs voitures, les usines vont rouvrir. La seule façon d'atteindre nos objectifs climatiques c'est de faire des changements économiques structurels très rapides et significatifs", indique Simon Ewans, par ailleurs docteur en biochimie. 

 Pour respecter l'Accord de Paris et limiter le réchauffement climatique de la planète à un degré et demi, il faudrait que les émissions mondiales de CO2 baissent d'environ 6 % par an pendant la prochaine décennie. Soit plus que la diminution anticipée pour 2020 avec la crise actuelle. 

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