Quelques semaines après son apparition et sa transmission par-delà les frontières, le Covid-19 a obligé certains secteurs économiques à mettre leurs activités en pause. On aurait souhaité une autre raison pour cette pause, bienvenue pour la qualité de l’air, qui s’améliore particulièrement en Chine.

Ciel pollué à Pékin le 18 janvier 2020
Ciel pollué à Pékin le 18 janvier 2020 © AFP / Nicolas Asfouri

C’est une image qui fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. Une simple carte de l’est de la Chine, où l’on voit les émissions de dioxyde d’azote respectivement du 1er au 20 janvier, puis du 10 au 25 février 2020. Des émissions provenant majoritairement des voitures, camions et usines, et qui se sont effondrées en quelques jours, y compris dans la région de la capitale Pékin.

Si l’image est impressionnante (on la doit au satellite européen Sentinel-5), elle mérite toutefois quelques éléments de contexte : cette baisse drastique des émissions de NO2 arrive chaque année, au moment du Nouvel an chinois, toujours accompagné d’un fort ralentissement de l’économie. Ce qui est nouveau, c’est que cette accalmie s’est prolongée bien au-delà des festivités, à cause des (ou grâce aux) mesure pour contenir l’épidémie de coronavirus.

"C’est la première fois que je vois une chute aussi spectaculaire, sur une zone aussi large", explique Fei Liu, un chercheur en qualité de l’air de la NASA. "Cette année, la baisse est plus significative que les années précédentes, et elle dure plus longtemps."

Beaucoup moins de dioxyde de carbone émis

Le 19 février, le site britannique Carbon Brief publiait déjà une étude sur les émissions de CO2 chinoises, qui avaient diminué d’un quart en deux semaines. Une baisse que l’étude expliquait par plusieurs facteurs liés plus ou moins directement à l’épidémie de coronavirus : notamment les besoins réduits en énergie (les centrales électriques n’avaient pas utilisé aussi peu de charbon depuis quatre ans) ou le nombre considérablement réduit de vols domestiques (70 % en moins par rapport au mois précédent).

D’ailleurs, les vols internationaux ont eux aussi du plomb dans l’aile. Selon les données du site FlightRadar compilées par nos confrères du Parisien, le trafic aérien est par exemple passé de 17.180 vols le 22 janvier à 3.243 le 12 février. Aux mêmes dates l’année passée, on avait enregistré 15.322 vols le 22 janvier et 16.251 le 12 février.

Autre conséquence enregistrée : une baisse des émissions de particules fines (PM2.5 et PM10) en Chine. Selon l’ONG "World Air Quality Index", à Pékin, le mois de février 2020 a ainsi connu moins de journées de forte pollution à ces particules que celui de février 2019 (avec un pic de 77 sur une seule journée en février 2020, contre 157 en 2019).

La pollution aux particules fines en baisse à Milan

Des chiffres qu’on pourrait aussi retrouver dans d’autres régions du globe. À Milan par exemple, la pollution aux particules fines enregistrée au mois de février 2020 a globalement été inférieure à celle de l’année précédente, avec une chute spectaculaire à la toute fin du mois, au moment de la quarantaine dans la région suite à plusieurs décès. Et là aussi, la pollution au dioxyde d’azote a largement diminué sur la même période.

Comme si le coronavirus parvenait paradoxalement, en réduisant nos activités, à aider nos sociétés à mieux respirer.

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