Dans un nouveau rapport publié ce jeudi, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) met en garde contre la cadence infernale du réchauffement climatique. Les scientifiques avertissent des risques de graves crises alimentaires, liées à la hausse des températures.

Le réchauffement climatique ne va plus permettre de nourrir correctement tous les habitants de la Terre.
Le réchauffement climatique ne va plus permettre de nourrir correctement tous les habitants de la Terre. © AFP / Loïc Venance

La gestion des terres agricoles est au cœur de ce nouveau rapport des scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Comment faire en sorte que les terres arables nous nourrissent sans les appauvrir encore plus qu'elles ne le sont déjà ? 

Une seule solution : la production agricole et l'alimentation doivent changer. À défaut, la sécurité alimentaire est menacée pour les dix milliards d'habitants qui peupleront la terre en 2050. En d'autres termes, c'est la possibilité est de voir les famines se multiplier

"Dès 2 degrés de réchauffement global, nous pourrions nous retrouver avec des crises alimentaires d'origine climatique plus sévères et plus nombreuses", a prévenu l'un des auteurs du rapport, Jean-François Soussana. Empêcher l'augmentation de 2 degrés, c'est l'objectif de l'accord de Paris arraché au terme de la COP 21.

Les sols sont soumis à une intense et déraisonnable activité humaine 

Les sols arables sont dégradés (un quart des terres mondiales ne sont plus cultivables). La sécheresse étend inexorablement son territoire. Conséquence qui n'est pas scientifique mais frappée au coin du bons sens : la qualité des terres en sera altérée. D'où un risque sur la qualité nutritionnelle des récoltes futures. D'ici 2050, le prix des céréales devrait connaître une augmentation de plus 7%, avec des conséquences immédiates sur la sécurité alimentaire des populations les plus pauvres. 

Le temps est compté car le réchauffement des terres émergées atteint déjà 1,53°. Soit le double de la hausse globale. "C'est un enchaînement désastreux : des terres limitées, une population humaine en expansion, le tout enveloppé dans la couverture suffocante de l'urgence climatique", commente Dave Reay, membre du comité d'experts du Giec.

Trop de gaspillage alimentaire 

Pour le Giec, des solutions existent du côté du système alimentaire et des habitudes de consommation. Actuellement, de "25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée", souligne le rapport, alors qu'environ 820 millions de personnes souffrent de la faim. 

Les experts préconisent en rééquilibrage entre les assiettes du Nord, trop riches en viande et celles du Sud, trop pauvres en protéines animales. 

Pour sortir de cette "surconsommation" de l'hémisphère  nord, l'objectif est de réduire de 50% la consommation de viande dans nos alimentations "avec des baisses encore plus drastiques de l'ordre de 70 à 90% dans certains pays d'Europe de l'Ouest ou d'Amérique du Nord". 

► POUR EN SAVOIR PLUS | Voir la conférence du Giec tenue ce jeudi matin

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.