“Générations futures”, une association de défense de l'environnement, a compilé des dizaines de milliers de données. Elle publie mardi la carte des départements les plus consommateurs de glyphosate en France.

Un champ et une machine agricole.
Un champ et une machine agricole. © Maxppp / Pascal Bonnière

L’association  “Générations futures” a décerné mardi ses “Glyph’Awards” - comprenez le trophée des plus gros utilisateurs de glyphosate - alors que l’utilisation de ce pesticide, l'un des désherbants les plus utilisé au monde, fait vivement polémique et doit être interdit d’ici trois ans

En tête, le Vaucluse, le département qui achète le plus de glyphosate par rapport à sa surface cultivée. Suivent la Réunion, la Martinique, puis la Gironde. En cadeau, les Chambres d’agriculture des départements concernés vont recevoir un diplôme en guise de “récompense” (ironique, évidemment). 

Les lauréats des Glyph'Awards.
Les lauréats des Glyph'Awards. / Générations futures

On a bien du mal à faire disparaître cette molécule alors on s’est dit pourquoi ne pas essayer l’humour, explique François Veillerette.

Évidemment, le type de culture et les conditions climatiques ont une grande influence sur le niveau d’usage de glyphosate et changent d’un département à l’autre. Dans le Vaucluse, l'utilisation importante de glyphosate serait liée à la présence de vignobles et d'exploitations fruitières, selon le directeur de l’association, François Veillerette. 

Pour les départements d’outre-mer, il y a un usage important malgré l’impact environnemental et qui peut s’expliquer par le climat chaud et humide, qui favorise les maladies”, poursuit-il auprès de France Inter.   

La carte d'utilisation du glyphosate en France par hectare de surface agricole utilisée.
La carte d'utilisation du glyphosate en France par hectare de surface agricole utilisée. / Générations France

« D'ores et déjà, les agriculteurs s'y préparent [à l’après glyphosate]. Si vous voulez des chiffres un peu plus intéressants, le Vaucluse fait partie des départements les plus impliqués en agriculture biologique. On est le 4e ou 5e département en nombre d'exploitations, le 10e en termes de surfaces agricoles. Donc oui, on s'en préoccupe, et on fait tout pour convertir les agriculteurs à d'autres pratiques. On essaie de trouver des solutions au niveau de la FDSEA avec un contrat de solutions qu'on met en place dans les exploitations. Des solutions mécaniques, le travail du sol, et d'autres alternatives avec d'autres produits qui ne contiennent pas de molécules chimiques. », explique François Veillerette.

Une masse de données analysée

“Générations futures” a également publié les cartes des ventes de pesticides perturbateurs endocriniens suspectés, des pesticides cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques ; en distinguant également les cultures biologiques et non biologiques.

C’est à partir de la Base de données des ventes des distributeurs (BNVD), disponible en ligne sur data.gouv.fr depuis fin septembre que l’association “Générations futures” a réalisé ses classements des départements les plus consommateurs de pesticides. Un tableur de plus de 700 000 lignes que les bénévoles ont analysé afin de déterminer où se situent les plus gros acheteurs.  Ces données sont celles des distributeurs de produits phytosanitaires et peuvent donc être entachée de biais. Ces derniers sont contraints de les déclarer depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques, en 2006. 

C’était une première mais l’association promet d’étudier régulièrement ces chiffres pour continuer à alerter sur l’usage intensif des pesticides. 

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