Pour la première fois, l'ONG Générations Futures publie ce matin une cartographie, département par département, de la présence de ces pesticides, perturbateurs endocriniens suspectés, dans les eaux de surface. Pour cela, elle a passé au peigne fin les données publiées par les Agences de l'eau.

Rivière ariègeoise prés de Massat
Rivière ariègeoise prés de Massat © Radio France / Inès Leraud

L'ONG Générations Futures a décidé de passer au peigne fin les données collectées et publiées par les Agences de l'eau au niveau territorial. En se basant sur l'interface nationale Naïades qui réunit ces données sur l'eau des rivières et des lacs, elle a analysé les résultats pour les pesticides suspectés par l'Union européenne d'être porteurs de perturbateurs endocriniens. Le résultat le plus prégnant de l'enquête, c'est que les inégalités territoriales sont nombreuses. 

C'est donc en Corse-du-Sud qu'il y a le moins de substances actives de pesticides dans les eaux. Générations Futures en a détecté seulement quatre dans ce département, contre 90 dans le Calvados. En moyenne, il y a, selon cette étude, une quarantaine de pesticides perturbateurs endocriniens suspectés par département, c'est-à-dire que ces substances ont pu être détectées au moins une fois lors d'analyses réalisées par les Agences de l'eau.  Et selon l'association, "les trois substances qui arrivent le plus fréquemment en tête sont le glyphosate, l'atrazine-déséthyl (interdit depuis 2003) et le métolachlor", un herbicide.

Parmi les départements les plus concernés, on trouve également la Manche et la Seine-Maritime alors que les eaux de la Creuse et de la Lozère semblent relativement épargnées par les pesticides. 

Jusqu'à 100% de tests positifs au glyphosate à Paris

En revanche, en ce qui concerne la présence de glyphosate dans les rivières ou les plans d'eau, la carte de Générations Futures livre un palmarès un peu différent : c'est dans le Nord et le Pas-de-Calais que les traces sont les plus fréquentes. Les habitants de la Creuse et de la Corrèze sont les plus épargnés : en Corrèze par exemple, sur 211 tests, des traces de glyphosate n'ont été détectées que sept fois. Et quatre fois sur 66 tests dans la Creuse. Inversement, à Paris, tous les tests se sont avérés positifs au glyphosate, sans exception. 

Découvrez les résultats département par département :

Toutefois, l'ONG regrette que les données fournies par les agences de l'eau ne soient pas harmonisées : dans certains département les analyses ne sont pas fréquentes et donc assez peu fiables. Générations Futures demande donc plus de transparence sur ce sujet sensible.

Enfin, l'association s'étonne de retrouver dans les eaux des traces de produits toxiques interdits depuis de nombreuses années. Exemple : des dérivés d'atrazine ont été détectés au cours de ces analyses, une substance pourtant interdite depuis 2003 dans les herbicides et donc plus utilisée en principe. C'est une preuve de la persistance de ces produits même 16 ans après.

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