Thaïlande, Ouganda, Belgique, Allemagne… En Europe et au-delà, Greta Thunberg a fait naître des vocations chez les jeunes. Portraits de ces “autres” Greta, qui se battent pour lutter contre l’urgence climatique.

Ralyn Satidtanasarn dite "Lilly" (Thaïlande), Leah Namugerwa (Ouganda), Luisa Neubauer (Allemagne) s'inspirent du combat de Greta Thunberg.
Ralyn Satidtanasarn dite "Lilly" (Thaïlande), Leah Namugerwa (Ouganda), Luisa Neubauer (Allemagne) s'inspirent du combat de Greta Thunberg. © AFP

Elle n’a pas (encore) l’aura mondiale de Greta Thunberg mais cherche tout autant à se faire entendre. Médiatisée depuis quelques jours, Lilly, jeune thaïlandaise de 12 ans, a elle aussi choisi de sécher l’école pour aller ramasser du plastique dans un canal de Bangkok. Lilly est l’un des exemples qui montre que la jeune activiste suédoise a suscité des vocations militantes à travers le monde et que d'autres voix se font désormais entendre

En Europe (Belgique, Allemagne, Suisse, France) ou donc au-delà (Brésil, Ouganda et Thaïlande) nombreux sont celles (surtout) et ceux (parfois) qui s’inspirent du combat de la jeune Greta et s’engagent dans leurs pays respectifs pour la planète. Certains, d'ailleurs, seront à New York, le week-end du 21 septembre, pour participer au sommet des jeunes pour le climat, d'autres à la Cop 25 au Chili à la fin de l'année. Portraits de Lilly, Leah, Anuna, Adelaïde, Marie-Claire, Luisa et les autres. 

En Thaïlande, Lilly, “une enfant en guerre”  

De son nom complet Ralyn Satidtanasarn, Lilly se décrit comme une “enfant en guerre”. En guerre contre le plastique et tous les détritus qu’elle ramasse patiemment dans les cours d’eau qui arpentent la capitale thaïlandaise. C’est à l’âge de huit ans qu’elle a commencé à agir pour la planète, après des vacances sur une plage du royaume “couverte de plastiques”. 

La Thaïlande, son pays, sixième plus gros pollueur des océans dans le monde, auquel elle aimerait imposer de ne plus délivrer de sacs à usage unique dans les supermarchés. Elle a déjà convaincu un grand distributeur d’appliquer cette mesure une fois par semaine. Mais pour la manifestation du 20 septembre, elle préfère ne pas rejoindre Greta Thunberg pour “mener le combat dans son pays” explique-t-elle à l’Agence France-Presse. 

En Ouganda, Leah Namugerwa en appelle au Président

En Ouganda, c’est Leah Namugerwa qui s’est emparée de ce combat. Âgée de 14 ans, l’adolescente s’inspire aussi de la jeune suédoise. Elle a demandé, elle aussi, au président Museveni de bannir le plastique du pays et se bat à la fois contre la déforestation, la dégradation des zones humides. Elle tient un compte Twitter et fait, chaque vendredi, la grève de l’école. 

Comme Greta, ces deux belges vont traversent l’Atlantique en voilier

Les jeunes activistes belges Adelaide Charlier et Anuna De Wever lors d'une manifestation "Youth For Climate" en mars à Bruxelles (Belgique).
Les jeunes activistes belges Adelaide Charlier et Anuna De Wever lors d'une manifestation "Youth For Climate" en mars à Bruxelles (Belgique). © AFP / Paul-Henri Verlooy

Anuna De Wever et Adélaïde Charlier ont elles aussi été inspirées par Greta Thunberg. Avec une trentaine de jeunes européens, elles embarqueront d’ailleurs début octobre à bord d’un voilier pour se rendre au Chili et participer à la conférence des Nations unies sur le changement climatique fin décembre, comme le raconte Le Soir. Les deux jeunes femmes, âgées de 18 ans toutes les deux, avaient pris la tête du combat pour le climat en créant la section belge du mouvement Youth for climate.

Marie-Claire Graf, Luisa Neubauer : les “Thunberg” suisse et allemande 

Elle s’était faite remarquer pour son franc parler. En Allemagne, l’étudiante en géographie de 23 ans, figure du mouvement Fridays for Future, donne un écho depuis plusieurs mois aux revendications de Greta Thunberg, elle l'a même rencontrée et accueillie cet été dans son pays, comme le montre notre photo, à la mine de Hambach, au nord-ouest de Bonn. Cette mine à ciel ouvert de lignite est connue pour être la première source de gaz à effet de serre d'Europe. Luisa Neubauer a été surnommée la “Greta” allemande. 

La militante allemande Luisa Neubauer accompagnée de Greta Thunberg lors d'une action en Allemagne, en août 2019.
La militante allemande Luisa Neubauer accompagnée de Greta Thunberg lors d'une action en Allemagne, en août 2019. © AFP / Olivier Berg

Même type de surnom pour l’étudiante Marie-Claire Graf, que la presse helvétique a aussi baptisée la “Greta” suisse. Cette dernière représentera d’ailleurs son pays à New York pour le sommet des jeunes pour le climat. La jeune femme de 23 ans n’a toutefois pas attendu la médiatisation de Greta Thunberg pour agir, elle avait dès 2017 pris conscience de l’urgence climatique, souligne le quotidien romand La Côte

En Pologne, Inga en "dépression climatique"

Inga Zasowska, jeune militante polonaise pour le climat, a passé tous les vendredi du mois de juillet devant le parlement à Varsovie. Une action qui poursuit son combat engagé depuis plusieurs mois pour exhorter le gouvernement à agir enfin pour lutter contre le dérèglement climatique. La jeune fille, dont nous faisons le portrait dans notre article, a reçu le soutien de députés de l’opposition. Inga a été sensibilisée aux questions environnementales par sa mère, c'est elle qui l'a plongée dans une "dépression climatique". "Elle s’est un peu enfermée sur elle-même, tout ce qu’elle a lu l’a rendu très triste" explique Patrycja Zasowska qui se défend d'avoir poussé sa fille à manifester : "Le parlement, c’était son idée au départ. (...) Les enfants peuvent très bien décider d’agir seuls, sans leurs parents". 

Inga Zasowska a passé tous ses vendredi du mois de juillet devant le parlement polonais à Varsovie.
Inga Zasowska a passé tous ses vendredi du mois de juillet devant le parlement polonais à Varsovie. © AFP / Janek SKARZYNSKI

Si toutes les deux considèrent Greta Thunberg comme un modèle et une source d'inspiration, Inga refuse d'être vue comme la Greta polonaise : "Je ne me suis pas autant investi qu’elle, je ne suis pas du tout aussi connue qu’elle. Et puis, c’est toujours plus difficile de débuter un mouvement, comme elle l’a fait."

Et en France ? 

Comme le souligne franceinfo, plusieurs porte-voix se font entendre en France. Mais leur profil est un peu différent de celui de la militante suédoise. D’abord, ce sont deux jeunes hommes : Côme Girschig, étudiant de 24 ans, s’est fait connaître dans des vidéos sur les réseaux sociaux. Étudiant bardé de diplômes (Ecole des Ponts-Paris Tech, SciencesPo), il a fondé son association, les Jeunes ambassadeurs du climat. L’autre à 17 ans, Robin Jullian, et sèche l’école le vendredi. Il souffre aussi du syndrome d’Asperger, sujet qu’il a évoqué lors d’une rencontre avec Greta Thunberg elle-même. Mais aucun des deux ne connaît le même écho que la jeune militante. 

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