Retour sur le neuvième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima – suite au tremblement de terre et au tsunami du 11 mars 2011. Aujourd'hui, à Fukushima, les autorités encouragent le retour des réfugiés, sans trop de succès.

Neuf ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima : retour à la normale vers un avenir radieux ?
Neuf ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima : retour à la normale vers un avenir radieux ? © Radio France / Giv Anquetil

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Le restaurant "Atom Sushi", à Tomyoka, un an après la réouverture du village, n'a lui toujours pas réouvert.
Le restaurant "Atom Sushi", à Tomyoka, un an après la réouverture du village, n'a lui toujours pas réouvert. © Radio France / Giv Anquetil

Les travaux de décontamination dureront plus de 40 ans mais autour de la centrale, la zone d’exclusion ne fait « plus que » 341 km², et les routes et villages autrefois condamnés sont rouverts les uns après les autres par les autorités - soucieuses d’un retour à la normale. 

Partout dans la ville de Fukushima à 80km de la centrale on essaie de faire oublier les mauvais souvenirs et de faire revenir les touristes.
Partout dans la ville de Fukushima à 80km de la centrale on essaie de faire oublier les mauvais souvenirs et de faire revenir les touristes. © Radio France / Giv Anquetil

Sauf que des villages comme Iitate à une cinquantaine de kilomètres de la centrale restent encore désespérément vides. 

Dans la campagne près de IItate, des bornes de mesure de radioactivité sont présentes partout dans le paysage en microsieverts par heure.
Dans la campagne près de IItate, des bornes de mesure de radioactivité sont présentes partout dans le paysage en microsieverts par heure. © Radio France / Giv Anquetil

Comment y vit-ont ? La sociologue Cécile Asanuma-Brice, chercheuse au CNRS retourne dans la zone tous les mois depuis neuf ans. Ito-san parcourt la région avec compteur Geiger et dosimètre en bandoulière. Car dès que l’on s’éloigne des grands axes, l’avenir paraît soudain moins radieux.

Nobuyoshi Ito est retourné vivre dans la zone auparavant évacuée et collecte les données sur la contamination de l'environnement
Nobuyoshi Ito est retourné vivre dans la zone auparavant évacuée et collecte les données sur la contamination de l'environnement © Radio France / Giv Anquetil
5 min

Episode 1 : radioactivité, retour à l'anormal

Par Giv Anquetil

Pour aller plus loin : 

Episode 2 : vivre avec la radioactivité

Monsieur Ito est toujours équipé de son dosimètre, pour enregistrer la radioactivité accumulée dans la zone rouverte.
Monsieur Ito est toujours équipé de son dosimètre, pour enregistrer la radioactivité accumulée dans la zone rouverte. © Radio France / Giv Anquetil

Les autorités parlent de retour à la normale, et les habitants doivent s’habituer à vivre avec la radioactivité. Il ne reste plus que deux villages interdits d’accès dans les 340 km² encore trop radioactifs. On annonce la réouverture prochaine de gares dans des poches décontaminées à l’intérieur de ces zones, mais elles seront entièrement automatisées, pour éviter l’irradiation des agents. 

Partout dans la ville de Fukushima, des panneaux affichent le décompte des jours avant l'ouverture des JO
Partout dans la ville de Fukushima, des panneaux affichent le décompte des jours avant l'ouverture des JO © Radio France / Giv Anquetil

Et la flamme olympique partira à la fin du mois du J village, à une vingtaine de kilomètres de la centrale, et passera même juste à côté – mais selon un parcours chronométré pour éviter une trop grande exposition.
Partout on veut faire passer le message que la page est tournée : "Oubliez les radiations, et pensez à l’avenir radieux des JO".

Détecteur de radioactivité des aliments en libre-service dans l'unique épicerie/restaurant de IItate
Détecteur de radioactivité des aliments en libre-service dans l'unique épicerie/restaurant de IItate © Radio France / Giv Anquetil

Sauf qu’aux rares réfugiés (pas plus de 20%) retournés vivre dans les zones réouvertes, c’est autre chose qu’on demande : apprendre à vivre avec les radiations, au quotidien.

Dans la région, partout, les détecteurs de radioactivité sont omniprésents, pour rassurer la population.
Dans la région, partout, les détecteurs de radioactivité sont omniprésents, pour rassurer la population. © Radio France / Giv Anquetil

S’habituer à vivre avec un détecteur de radioactivité. Voilà pourquoi la société Tepco, responsable de la centrale, parle maintenant de « revitalisation » de la zone plutôt que de retour : c’est parce qu’il a bien fallu admettre que les habitants d’origine n’y retourneraient pas. 

Au siège de Tepco à Tokyo, l'entreprise a été nationalisée après la catastrophe et annonce 30 à 40 ans de travaux de décontamination.
Au siège de Tepco à Tokyo, l'entreprise a été nationalisée après la catastrophe et annonce 30 à 40 ans de travaux de décontamination. © Radio France / Giv Anquetil
6 min

Episode 2 : vivre avec la radioactivité

Par Giv Anquetil

Episode 3 : Fukushima neuf ans après, impossible de tourner la page

Sur l'autoroute de Johoban qui traverse la zone de Fukushima une file ininterrompue de poids lourds transporte les déchets radioactifs vers un centre de stockage. La Terre mesurée à moins de 8 000 becquerels par kilos sera dispersée un peu partout.
Sur l'autoroute de Johoban qui traverse la zone de Fukushima une file ininterrompue de poids lourds transporte les déchets radioactifs vers un centre de stockage. La Terre mesurée à moins de 8 000 becquerels par kilos sera dispersée un peu partout. © Radio France / Giv Anquetil

11 mars 2020, 9 ans jour pour jour de la catastrophe de Fukushima. Et si le pays a su se remettre du tremblement de terre magnitude 9.1 et du tsunami qui ont causé près de 20 000 morts, la zone qui entoure la centrale nucléaire est une plaie qui est loin d’être fermée.

Le long de la côte du Tohoku, un mur anti-tsunami barre l'horizon
Le long de la côte du Tohoku, un mur anti-tsunami barre l'horizon © Radio France / Giv Anquetil

La radioactivité est toujours là et les habitants évacués ne reviennent eux toujours pas. Plus de 44 000 réfugiés manquent toujours à l’appel même si. Malgré les radiations qui seront là pour durer, les autorités veulent à tout prix utiliser les JO de cet été comme une occasion de tourner la page sur ce regrettable incident. Et c’est un peu le message que veut faire passer la société Tepco, responsable de la centrale qui a ouvert voilà quelques mois à Tomyoka, à 10km de la centrale, un tout nouveau centre d’information, musée interactif situé pour raconter sa version de l’histoire. Et forcément, leur version de l’histoire est un peu biaisée.

A Tomyoka, la société Tepco vient d'ouvrir un musée pour raconter sa version de l'histoire et mettre en avant tous ses efforts pour revitaliser la zone.
A Tomyoka, la société Tepco vient d'ouvrir un musée pour raconter sa version de l'histoire et mettre en avant tous ses efforts pour revitaliser la zone. © Radio France / Giv Anquetil

Pas plus de 20% des habitants évacués sont retournés vivre près de la centrale, et presqu’exclusivement des personnes âgées comme Mme Kimiko. 9 ans après, on est encore loin de la revitalisation de Fukushima.

Madame Kimiko est retournée vivre à Tomyoka à 10km de la Centrale voilà trois ans, elle ne reconnaît plus son environnement.
Madame Kimiko est retournée vivre à Tomyoka à 10km de la Centrale voilà trois ans, elle ne reconnaît plus son environnement. © Radio France / Giv Anquetil
6 min

Episode 3 : Fukushima neuf ans après, impossible de tourner la page

Par Giv Anquetil

Episode 4 : mères de Fukushima

Neuf ans après le tremblement de terre, la catastrophe nucléaire n’est pas terminée. Beaucoup ne se contentent pas des injonctions au retour à la normale, devant l’anormalité de la vie quotidienne autour de Fukushima - rythmée par les mesures de radioactivité et les zones interdites. Et même en dehors de ce périmètre, de nombreuses associations essentiellement portées par des femmes et des mères de familles, agissent au quotidien pour plus de transparence. 

Koaru Konta est médecin, elle détecte les cancers de la thyroïde.
Koaru Konta est médecin, elle détecte les cancers de la thyroïde. © Radio France / Giv Anquetil

Par exemple les MamaBecq, avec un « Becq » come Becquerel, qui inspectent les cours d’écoles avec leurs compteurs Geiger. Ou encore l’association Happy island qui organise des dépistages gratuit du cancer de la thyroïde chez les enfants. Drôle de nom que Happy island, mais vous savez comme ça se dit «île joyeuse » en japonais ? « Fukushima ».

7 min

Episode 4 : mères de Fukushima

Par Giv Anquetil
Marie Suzuki est présidente de l'association "Happy Island"
Marie Suzuki est présidente de l'association "Happy Island" © Radio France / Giv Anquetil
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