Près de neuf poissons sur dix (88%) vendus sur les étals de la grande distribution sont "non-durables", selon une étude de l’UFC-Que Choisir publiée lundi 17 décembre. L’association souhaite alerter les pouvoirs publics sur ces "mauvaises pratiques" et réclame un durcissement des quotas de pêche.

L'association UFC-Que Choisir dénonce les mauvaises pratiques de la grande distribution en matière de pêche durable.
L'association UFC-Que Choisir dénonce les mauvaises pratiques de la grande distribution en matière de pêche durable. © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

"La grande distribution... reste en rade" : c'est le nom de l'étude de l'UFC-Que Choisir qui accable la grande distribution. Après avoir mené l'enquête auprès de 1 134 poissonneries de grandes surfaces, l'association affirme que 86% des poissons disponibles à la vente sont "non-durables". 

Le cabillaud remporte la palme du poisson le moins "bio" (88 % de poissons non-durables), suivi par la sole et le bar (respectivement 86 % et 80 %). En cause : les méthodes de pêche utilisées, dans des stocks surexploités ou non-respectueuses de l'environnement comme le chalut, qui est majoritairement utilisé. À l'inverse, l'utilisation des lignes et des hameçons ne sont relevées dans l'étude que pour un quart des bars et 14 % du cabillaud.

Étiquetage "fantaisiste" et "trop vague"

D'après l'association, les poissons vendus en grande-surface sont, dans deux tiers des cas, mal étiquetés : "les mentions obligatoires sont absentes, fantaisistes ou trop vagues".  Parmi les enseignes épinglées par l'UFC-Que Choisir, Intermarché est en haut du podium (77%), avec juste derrière Systèmes U (76%) et E. Leclerc (67%).

Vous avez sûrement dû voir sur l'étal de votre poissonnier la mention "pêché en Méditerranée" ou en "Atlantique"... Trop "vague" selon l'association, qui affirme qu'en l'absence de zone maritime précise, "on ne peut pas identifier les poissons provenant de stocks surexploités". Pire : l'association assure que "les taux très élevés de poissons non durables sont à peu près identiques chez tous les distributeurs". Il est donc difficile pour le consommateur d'être sûr de ne pas précipiter la disparition d'une espèce en danger.

L'UFC-Que-Choisir affirme vouloir faire pression sur les pouvoirs publics à propos de ces "mauvaises pratiques"et réclame un durcissement des quotas de pêche. 

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