Vendredi, Lille va à nouveau connaître un pic de pollution aux particules très fines. C’est au moins la 60e fois cette année alors que l'OMS recommande de ne pas franchir cette limite plus de trois fois dans une année.

Soir de décembre dans la métropole de Lille
Soir de décembre dans la métropole de Lille © AFP / Denis Charlet

Cette semaine dans les Hauts-de-France, les habitants ont été incités à utiliser les moyens de transport les moins polluants et de favoriser les transports en commun et covoiturage, à une vitesse diminuée de 20km/h. Pour la 4e fois de l'année, le seuil des 50 µg/m3 de particules dans l'air a été franchi. C'est à partir de ce seuil de PM10, comme on les appelle, que les pouvoirs publics sonnent l'alerte. PM10 désigne les particules de poussières polluantes dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres. Mais là n'est pas le plus grave.

Parmi les poussières de moins de 10 micromètres, on trouve aussi les poussières encore plus fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres. Ce sont les PM2,5. Elles sont encore plus dangereuses pour la santé humaine mais il n'y a pas de seuil les concernant pour alerter les populations. En 2018, les mesures effectuées par la station Lille-Fives, proche du périphérique lillois, montrent que les PM2,5 ont dépassé les 25 µg/m3 60 fois cette année, alors que l'OMS recommande de ne pas franchir cette limite plus de 3 fois dans une année. 

Des records de particules ultra-fines très fréquents

Ces données sont obtenues à partir du site ATMO (l'observatoire de l'air dans les Hauts de France), qui comprend quelques jours non mesurés sur la station Lille -Fives. Soixante jours est donc un minimum. En regardant les données des autres stations, on peut en déduire qu'il y a eu 64 jours où le seuil a été franchi. (Consultez le relevé de Lille Fives pour les PM2,5 ici)

Le 11 décembre, selon l'indicateur ATMO et le relevé de sa station Lille -Fives, ce taux de PM2,5 a varié entre 25 et 28 µg/m3. Et selon Prév-air (autre plateforme de surveillance)  ce taux sera au-delà de 30 µg/m3 pour le vendredi 14 décembre. 

Dans la métropole lilloise, on estime que la pollution de l’air est responsable de 1 700 décès prématurés chaque année.  

La simulation de Prev'air pour la qualité de l'air dans le nord de la France pour le 14 décembre (pollution de particules en suspension)
La simulation de Prev'air pour la qualité de l'air dans le nord de la France pour le 14 décembre (pollution de particules en suspension) / Capture

Nicolas Meilhan, conseiller scientifique de France Stratégie et membre du think-tank Les Econoclastes, a alerté sur Twitter sur ces dépassements concernant les particules les plus fines. "C'est plus de 20 fois la recommandation de l'OMS, explique-t-il avant de rappeler qu'à Paris on a franchi 37 fois cette année le seuil des 25 µg/m3. Nicolas Meilhan souligne par ailleurs que "en Allemagne, des ONG ont fini par intenter des procès contre les autorités locales qui ne respectaient pas les normes de pollution par le dioxyde d'azote, et elles ont obtenu gain de cause avec des interdictions de circulation des véhicules diesels les plus polluants". 

Les Hauts-de-France et la Belgique font partie des régions d'Europe qui respirent le moins bien, avec Rhône-Alpes, le Piémont et la Lombardie en Italie. 

L'alerte de l'OMS

L'Organisation Mondiale de la Santé signale que la majorité de la population dans le monde ne respire plus un air de bonne qualité. 

  • 91% de la population mondiale vivaient en 2016 dans des endroits où ses lignes directrices relatives à la qualité de l’air ne sont pas respectées.
  • 4,2 millions décès  sont provoqués dans le monde par la pollution ambiante (de l’air extérieur) dans les zones urbaines, périurbaines et rurales.
  • Quelque 91% de ces décès prématurés sont survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, dans les Régions OMS de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental.
  • La fumée domestique représente un grave risque sanitaire pour environ 3 milliards de personnes qui font cuire leurs aliments, chauffent et éclairent leur logement à l’aide de combustibles à base de biomasse, de fuel et de charbon.

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