À l'occasion de la journée mondiale de l'eau, l'ONU publie un rapport préoccupant. Non seulement les populations les plus pauvres continuent de manquer d'eau mais le problème s’aggrave. En cause, le réchauffement climatique ou encore l'augmentation du nombre de réfugiés.

Plus de deux milliards de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau dans le monde
Plus de deux milliards de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau dans le monde © AFP / Cellou BINANI

C'est un bien vital, et pourtant plus de deux milliards de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau dans le monde. Pour la journée mondiale de l'eau, les Nations Unies publient cette année un rapport mondial alarmant. Trois personnes sur dix dans le monde n'ont pas accès à l'eau potable et six sur dix sont privées d'installations sanitaires. Cette pénurie d'eau concerne avant tout les pays les plus pauvres. En Afrique subsaharienne, par exemple, où une personne sur quatre seulement dispose d'une source d'eau potable, les populations les plus fragiles récupèrent de l'eau grâce à des camions citernes ou des petits vendeurs. Elles payent l'eau dix fois plus cher que les populations plus riches, s'indigne l'ONU. Certaines familles dépensent même le tiers de leurs revenus pour avoir simplement un minimum d'eau

Le nombre de réfugiés sans eau risque bien d'augmenter en raison du réchauffement

Le droit fondamental à l'eau n'est donc pas respecté et la situation ne s'améliore pas, loin de là, en raison des déplacements de populations, car les réfugiés n'ont souvent pas d'accès à l'eau. Ils étaient 70 millions sur les routes en 2017 en raison de conflits et 25 millions pour fuir une catastrophe naturelle. Or, cet afflux devrait augmenter en raison du réchauffement climatique qui accroît la pénurie dans certaines régions. Enfin, l'eau est un tel enjeu qu'elle devient elle-même une source de conflits : l’ONU comptait une centaine d'affrontements liés à l'eau entre 2000 et 2009, il y en avait déjà 260, soit plus du double, entre 2010 et 2018.  

Les États devront financer davantage l'accès à l'eau 

L'ONU rappelle donc, dans ce rapport, que le droit international "oblige les États à œuvrer en faveur de l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, sans discrimination, en accordant la priorité aux plus démunis". 

"L’objectif de ne plus avoir de laissés-pour-compte se trouve au cœur des engagements pris dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui vise à permettre à toutes les populations de bénéficier du développement socio-économique et réaliser pleinement les droits de l’Homme". 

Pourtant cet objectif n'est pas atteint. Parmi les solutions possibles, il faudrait par exemple développer "des systèmes décentralisés d’approvisionnement et d’assainissement moins coûteux dans les petites agglomérations, notamment les camps de réfugiés". Et pour les habitants des zones rurales, la priorité est de "disposer davantage d’installations adéquates proches de leur domicile". Or pour tout cela, rappelle l'ONU, l'aide au développement ne suffira pas. Les États devront donc davantage investir pour assurer un meilleur accès l'eau. 

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